Un étudiant chinois au Canada soupçonné d’espionnage au profit de la Chine
Weiheng Zeng a été arrêté au Michigan, le 23 août, après avoir traversé le pont Ambassador depuis Windsor..
Weiheng Zeng, un étudiant chinois de 22 ans (né en 2004) inscrit à l’Université de Waterloo en Ontario, a été arrêté le 23 août 2026 au Michigan, aux États-Unis. Il a été inculpé pour avoir fait de fausses déclarations aux autorités américaines. Zeng, qui résidait à Cambridge en Ontario, a été arrêté alors qu’il traversait le pont Ambassador depuis Windsor, une ville canadienne frontalière avec les États-Unis. Il a comparu devant un tribunal fédéral à Détroit et a accepté de rester en détention en attendant son procès. Les autorités américaines estiment qu’il présentait un risque de fuite, notamment en raison de son statut de résident étranger et de citoyen chinois.
Les soupçons d’espionnage à l’encontre de Weiheng Zeng ont émergé après un incident filmé le 21 avril 2026 par une caméra de sécurité à l’aéroport international O’Hare de Chicago. Des employés de FedEx, une entreprise de livraison, ont remarqué un homme en vêtements sombres prenant des photos, grimpant sur un chariot élévateur et tentant d’ouvrir un camion de livraison verrouillé ainsi qu’un conteneur dans le stationnement de l’entreprise. Les enquêteurs ont établi un lien entre Zeng et une minifourgonnette Chrysler Town & Country bleu foncé immatriculée en Ontario, filmée sur place. Selon le FBI, Zeng a reconnu être monté sur le chariot pour avoir un meilleur angle de vue et prendre des photos.
Pour communiquer avec son contact en Chine, Weiheng Zeng utilisait un système complexe. Son contact chinois lui envoyait une nouvelle carte SIM tous les quatre à cinq mois, à utiliser dans son téléphone portable Huawei. Cette carte SIM, fournie par China Telecom, permettait à Zeng de contourner le réseau cellulaire canadien et de se connecter directement au réseau chinois pour envoyer des SMS. Une fois les messages envoyés, Zeng devait détruire la carte SIM et effacer les conversations et les photos prises. Cette méthode visait à éviter toute interception par les autorités locales. Les paiements étaient effectués par virement bancaire en yuans, une monnaie chinoise.
Lors de son arrestation, les agents américains ont trouvé sur le téléphone de Zeng de nombreuses photos d’avions militaires, ainsi que des images de lui et d’autres personnes en tenue tactique tenant des armes à feu ressemblant à des fusils. Zeng a d’abord affirmé que ces photos étaient destinées à un site web de radars de vol et que photographier des avions était son passe-temps. Il a ensuite reconnu avoir été payé par une personne en Chine pour photographier des avions précis et leurs numéros d’immatriculation. Selon les documents judiciaires, Zeng pensait que son contact travaillait pour un service de sécurité chinois et trouvait cela cool. Il a rencontré ce contact sur un forum chinois de passionnés d’aviation en 2024.
En octobre 2025, le contact chinois de Zeng lui a demandé de prendre des photos à l’intérieur d’un entrepôt FedEx à l’aéroport international Pearson de Toronto. Zeng a affirmé avoir été interpellé par un employé de FedEx et n’avoir pu prendre des photos qu’à l’extérieur du bâtiment. Malgré cela, il a envoyé les photos à son contact et a reçu l’équivalent de 200 dollars américains en paiement. Cet incident illustre les tentatives de Zeng de collecter des informations sensibles dans des zones restreintes, bien qu’il n’ait pas toujours réussi à accéder aux lieux visés.
L’Université de Waterloo, où Zeng était étudiant, a indiqué ne pas commenter les affaires criminelles en cours. La police de Waterloo a également précisé ne pas être impliquée dans l’enquête. Du côté chinois, l’ambassade de Chine à Ottawa a déclaré s’opposer fermement à toute instrumentalisation de la prétendue *menace d’espionnage chinoise* et aux spéculations sans fondement visant le pays. Les allégations portées contre Zeng n’ont pas encore été prouvées devant un tribunal. L’affaire soulève des questions sur la sécurité des infrastructures aéroportuaires et les méthodes utilisées pour collecter des informations sensibles.

