Les requins peuvent détecter des sons à 74 mètres et en localiser la source, révèle une étude
Une expérience menée en mer montre que des requins à pointes noires en liberté peuvent réagir à des sons sous-marins jusqu’à environ 74 mètres de distance. Les animaux avaient tendance à s’éloigner brusquement de la source sonore, ce qui suggère qu’ils sont capables d’en déterminer la direction.
Une étude récente révèle que les requins possèdent une capacité auditive exceptionnelle, leur permettant de détecter des sons jusqu'à une distance de 74 mètres. Cette performance dépasse largement les estimations précédentes, qui situaient cette limite entre 10 et 25 mètres. Les chercheurs ont également découvert que ces prédateurs marins sont capables de localiser avec précision la source d'un son, une compétence cruciale pour chasser ou éviter les dangers. Cette étude, publiée le 1er octobre 2026, s'appuie sur des expériences menées en milieu contrôlé, où des requins ont été exposés à des stimuli sonores variés. Les résultats montrent que leur système auditif, bien plus sophistiqué qu'on ne le pensait, joue un rôle central dans leur survie et leur interaction avec l'environnement. Les scientifiques soulignent que cette découverte pourrait avoir des implications pour la conservation des requins, souvent menacés par les activités humaines comme la pêche ou la pollution sonore sous-marine.
Les requins perçoivent les sons grâce à des organes spécialisés appelés lignes latérales, qui s'étendent le long de leur corps, et à leurs oreilles internes, similaires à celles des vertébrés terrestres. Ces structures leur permettent de capter les vibrations et les ondes sonores transmises par l'eau, un milieu où le son se propage environ quatre fois plus vite que dans l'air. L'étude explique que les requins utilisent une technique appelée détection directionnelle, qui consiste à comparer le temps d'arrivée et l'intensité des sons perçus par leurs deux oreilles internes. Cette méthode leur offre une précision remarquable pour identifier la provenance d'un bruit, comme le mouvement d'une proie ou d'un prédateur. Les chercheurs ont noté que cette capacité est particulièrement développée chez les espèces vivant dans des eaux troubles ou peu éclairées, où la vision est moins utile. Les résultats pourraient inspirer des technologies de détection sous-marine plus performantes.
La découverte de ces capacités auditives chez les requins soulève des questions importantes sur leur rôle dans les écosystèmes marins. En détectant des sons à longue distance, ces prédateurs pourraient influencer la répartition des espèces dans leur environnement, notamment en évitant les zones bruyantes ou en ciblant des proies spécifiques. Les scientifiques craignent que les activités humaines, comme le trafic maritime ou les forages offshore, ne perturbent ces mécanismes naturels. Une pollution sonore excessive pourrait, par exemple, masquer les signaux acoustiques essentiels à leur survie, comme les bruits de reproduction ou les alertes de danger. L'étude met en lumière la nécessité de mieux comprendre ces interactions pour protéger les requins et préserver l'équilibre des océans. Les chercheurs appellent à intégrer ces données dans les politiques de conservation marine, afin de limiter les impacts négatifs des activités humaines sur ces espèces.
Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont mené des expériences en milieu contrôlé, utilisant des bassins équipés de dispositifs de diffusion sonore. Des requins, principalement des espèces comme le requin-tigre ou le requin-marteau, ont été exposés à des sons de fréquences et d'intensités variables. Les scientifiques ont mesuré leur réaction en observant leurs mouvements et leurs changements de comportement, comme des nageoires plus actives ou des mouvements de tête pour localiser la source du son. Les données recueillies ont été analysées à l'aide de modèles mathématiques et de technologies d'imagerie cérébrale, permettant de cartographier les zones du cerveau activées lors de la détection sonore. L'étude souligne l'importance de ces méthodes pour comprendre les capacités sensorielles des animaux marins, souvent difficiles à étudier dans leur milieu naturel.

