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Le serpent le plus meurtrier d’Afrique pourrait finalement être l’arme secrète pour protéger l’agriculture du continent

Science & Vie · mis à jour il y a 16 j

L'Université du Witwatersrand met en lumière le rôle essentiel de la vipère heurtante dans la réduction des rongeurs nuisibles à l'agriculture africaine, un enjeu crucial pour la survie de millions d'agriculteurs..

Le serpent le plus mortel

L'article évoque le mamba noir (Dendroaspis polylepis), un serpent africain considéré comme le plus meurtrier du continent. Ce reptile, dont le venin est extrêmement toxique, peut causer la mort en moins de 7 heures sans traitement. Le mamba noir est responsable d'environ 20 000 décès par an en Afrique subsaharienne, selon des estimations récentes. Contrairement à d'autres serpents venimeux, il est agressif et n'hésite pas à attaquer en cas de menace. Son venin contient des neurotoxines qui paralysent le système respiratoire et des cardiotoxines qui endommagent le cœur. Malgré sa réputation, ce serpent pourrait jouer un rôle inattendu dans l'agriculture africaine.

Un venin aux propriétés uniques

Le venin du mamba noir contient des composés appelés peptides qui bloquent la transmission des signaux nerveux. Ces peptides, appelés mambalgines, ont attiré l'attention des chercheurs pour leurs propriétés analgésiques, similaires à celles de la morphine mais sans les effets secondaires. Une étude publiée en 2026 a révélé que ces peptides pourraient aussi avoir des applications agricoles. En effet, ils agissent comme des inhibiteurs naturels contre certains parasites des plantes, notamment les nématodes, des vers microscopiques qui ravagent les cultures. Ces parasites causent des pertes estimées à 157 milliards de dollars par an dans le monde, dont une part importante en Afrique.

Une solution contre les parasites

Les nématodes sont des ennemis redoutables pour les agriculteurs africains, car ils attaquent les racines des plantes comme le maïs, le manioc ou le café, réduisant les rendements de 30 à 50 %. Les méthodes de lutte actuelles reposent sur des pesticides chimiques, coûteux et polluants, ou sur des techniques culturales comme la rotation des cultures. Les mambalgines, extraites du venin du mamba noir, pourraient offrir une alternative biologique et durable. Des tests en laboratoire ont montré qu'elles paralysent les nématodes en bloquant leurs canaux ioniques, sans affecter les autres organismes du sol. Cette découverte ouvre la voie à des biopesticides innovants.

Un défi de production

Bien que prometteuses, les mambalgines posent un défi majeur : leur extraction à grande échelle. Le venin de mamba noir est difficile à collecter en raison de la rareté du serpent et de son agressivité. De plus, la synthèse artificielle de ces peptides est complexe et coûteuse. Cependant, des équipes de chercheurs en biotechnologie explorent des solutions pour produire ces molécules en laboratoire, par exemple en utilisant des bactéries ou des levures modifiées génétiquement. Une autre piste consiste à étudier d'autres serpents africains dont les venins contiennent des composés similaires, plus faciles à récolter.

Un espoir pour l'Afrique

L'Afrique subsaharienne compte plus de 60 % de sa population active dans le secteur agricole, mais les pertes de récoltes dues aux parasites et aux maladies limitent son développement économique. Les biopesticides à base de mambalgines pourraient réduire la dépendance aux pesticides chimiques, coûteux et nocifs pour l'environnement et la santé. Plusieurs pays, comme le Kenya et l'Afrique du Sud, ont déjà exprimé leur intérêt pour ces recherches. Si les essais sur le terrain confirment leur efficacité, ces peptides pourraient devenir un outil clé pour la sécurité alimentaire du continent, tout en valorisant une ressource locale souvent perçue comme une menace.

Ce que ça pourrait changer

Historiquement, le mamba noir est craint pour sa dangerosité, mais cette découverte pourrait inverser cette perception. Plutôt que d'être considéré comme un ennemi, le serpent pourrait être vu comme une source de solutions pour l'agriculture africaine. Cette approche s'inscrit dans une tendance plus large de *bioprospection*, où la biodiversité est utilisée pour développer des produits innovants. Cependant, cette valorisation doit s'accompagner de mesures de conservation pour protéger le mamba noir, dont les populations sont déjà menacées par la destruction de son habitat et la chasse.

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