Pour le président d'Amazon, la lutte contre les centres de données serait orchestrée par des pays étrangers
Amazon lance un programme d'un milliard de dollars pour ses centres de données aux États-Unis, alors que plus de 100 moratoires locaux menacent ses projets et que l'opposition populaire atteint un niveau record..
Le président d'Amazon, Andy Jassy, affirme que la lutte contre les centres de données, ces infrastructures géantes qui stockent et traitent les données numériques, serait orchestrée par des pays étrangers. Selon lui, ces attaques viseraient principalement les géants du numérique comme Amazon, Microsoft ou Google, qui dépendent de ces centres pour leurs services cloud. Un cloud (ou nuage) désigne des serveurs distants accessibles via internet, permettant de stocker des données ou d'exécuter des applications sans avoir besoin d'ordinateurs locaux. Ces centres de données consomment une quantité colossale d'électricité et d'eau, ce qui en fait des cibles potentielles pour des régulations environnementales ou des pressions géopolitiques. Andy Jassy n'a pas précisé quels pays seraient impliqués, mais cette déclaration intervient dans un contexte où plusieurs gouvernements, notamment en Europe, durcissent les règles sur la consommation énergétique des data centers.
Andy Jassy suggère que ces actions contre les centres de données ne seraient pas le fruit de décisions locales, mais bien d'une stratégie coordonnée par des États étrangers. Cette affirmation s'inscrit dans un débat plus large sur la souveraineté numérique et la dépendance des entreprises technologiques aux infrastructures situées dans certains pays. Par exemple, les États-Unis et la Chine sont des acteurs majeurs dans ce domaine, avec des législations très différentes sur la gestion des données. Une telle orchestration impliquerait des mécanismes de pression diplomatiques, économiques ou réglementaires pour influencer les politiques locales. Aucune preuve concrète n'a été apportée par Amazon pour étayer cette claim, mais la déclaration souligne les tensions croissantes autour de la gouvernance d'internet et des infrastructures critiques.
Les centres de données sont au cœur d'un paradoxe énergétique : ils sont indispensables à l'économie numérique, mais leur consommation représente environ 1 % de la demande mondiale d'électricité, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Certains data centers utilisent jusqu'à 1,5 litre d'eau par kWh pour leur refroidissement, un enjeu crucial dans les régions sujettes à des pénuries. Les régulations environnementales, comme celles de l'Union européenne, visent à limiter cette empreinte en imposant des normes strictes sur l'efficacité énergétique ou l'utilisation d'énergies renouvelables. Ces contraintes pourraient expliquer pourquoi certains acteurs perçoivent ces règles comme des attaques déguisées contre leurs infrastructures.
Face à ces accusations, Amazon a réagi en soulignant que ses centres de données étaient conçus pour être parmi les plus efficaces au monde, avec un objectif de neutralité carbone d'ici 2040. L'entreprise a investi des milliards de dollars dans des projets d'énergies renouvelables pour alimenter ses data centers, comme des parcs éoliens ou solaires. Cependant, ces efforts sont parfois critiqués pour leur ampleur insuffisante ou leur impact réel. Andy Jassy n'a pas détaillé les mesures concrètes prises par Amazon pour contrer ces supposées pressions étrangères, mais a insisté sur la nécessité de protéger les infrastructures numériques, qualifiées de *piliers de l'économie moderne*. Cette déclaration reflète une volonté de défendre les intérêts des géants du numérique face à des régulations perçues comme hostiles.

