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Environnement

Priscillia Ludosky : depuis les Gilets jaunes, « la colère est la même, et s'est accentuée »

Reporterre · mis à jour il y a 3 j

Le gazole dépasse 2,30 euros et une manifestation se prépare le 17 octobre. Pourtant, Priscillia Ludosky, figure des Gilets jaunes, doute d'un retour durable du mouvement sans travail de terrain et appelle la gauche à s'unir pour porter cette colère à la présidentielle.

Origines de la colère

Priscillia Ludosky, figure emblématique des Gilets jaunes, explique que la colère exprimée en 2018-2019 n’a pas disparu, mais s’est au contraire intensifiée avec le temps. Cette colère trouve ses racines dans des inégalités socio-économiques persistantes, notamment le pouvoir d’achat en baisse et le sentiment d’abandon des classes populaires et moyennes. Elle souligne que les mesures prises par le gouvernement français, comme la hausse des taxes sur les carburants ou la suppression de l’ISF (Impôt de Solidarité sur la Fortune), ont été perçues comme des injustices supplémentaires. Selon elle, ces politiques ont creusé le fossé entre les classes sociales, alimentant un mécontentement croissant. Priscillia Ludosky insiste sur le fait que cette colère n’est pas seulement économique, mais aussi politique, reflétant un rejet des élites et des institutions jugées déconnectées des réalités du terrain.

Évolution des revendications

Depuis le mouvement des Gilets jaunes, les revendications de Priscillia Ludosky et de ses soutiens se sont élargies. Initialement centrées sur la hausse du prix des carburants et le pouvoir d’achat, elles incluent désormais des demandes plus globales, comme une réforme fiscale juste, une meilleure redistribution des richesses ou encore une transition écologique socialement équitable. Elle critique notamment le greenwashing des politiques environnementales, qui selon elle, pèse davantage sur les ménages modestes que sur les plus aisés. Priscillia Ludosky cite l’exemple des aides à la rénovation énergétique, jugées insuffisantes ou mal ciblées. Elle pointe aussi l’absence de concertation avec les citoyens dans les décisions politiques, ce qui renforce le sentiment d’exclusion et de méfiance envers les institutions.

Rôle de Priscillia Ludosky

Priscillia Ludosky est devenue une porte-parole des Gilets jaunes, notamment après avoir lancé une pétition en ligne contre la hausse des taxes sur les carburants en 2018, qui a recueilli plus de 1 million de signatures. Elle a ensuite cofondé le mouvement Les Gilets citoyens, visant à structurer la contestation et à porter des revendications plus larges. Son rôle a évolué : elle n’est plus seulement une figure médiatique, mais une organisatrice et une analyste des dynamiques sociales. Elle insiste sur l’importance de l’autonomie des groupes locaux, tout en cherchant à fédérer les luttes pour donner plus de poids aux revendications. Elle critique cependant les divisions au sein du mouvement, qui selon elle, affaiblissent sa capacité à peser sur les décisions politiques.

Contexte politique actuel

Priscillia Ludosky situe son analyse dans le contexte politique français actuel, marqué par une défiance accrue envers le gouvernement et les institutions. Elle évoque les réformes récentes, comme celle des retraites ou la suppression de l’ISF, qui ont exacerbé les tensions sociales. Elle souligne que la colère n’est pas cantonnée à la France, mais s’inscrit dans un mouvement plus large de contestation des politiques néolibérales en Europe. Elle cite des exemples comme les manifestations en Espagne ou en Grèce, où des dynamiques similaires se dessinent. Pour elle, ces mouvements reflètent un rejet des inégalités économiques et d’un système politique perçu comme injuste et opaque. Elle appelle à une refonte des institutions pour rétablir la confiance.

Ce que ça pourrait changer

Priscillia Ludosky aborde les perspectives d’avenir pour le mouvement des *Gilets jaunes* et ses alliés. Elle estime que la colère, loin de s’éteindre, pourrait s’amplifier si les conditions socio-économiques ne s’améliorent pas. Elle plaide pour une mobilisation continue, mais aussi pour une réflexion sur les stratégies à adopter : faut-il privilégier la pression politique, la construction de contre-pouvoirs locaux ou une alliance avec d’autres mouvements sociaux ? Elle insiste sur la nécessité de dépasser les clivages idéologiques pour construire des alternatives concrètes. Enfin, elle met en garde contre les risques de récupération politique ou de division, qui pourraient affaiblir le mouvement. Pour elle, l’enjeu est de transformer la colère en actions durables et structurantes.

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