Ces Franco-Ontariens qui ont leur francophonie tatouée sur le cœur
Sept francophones du Nord nous racontent pourquoi ils ont choisi d'immortaliser leur culture..
L'article explore comment sept Franco-Ontariens et Franco-Ontariennes ont choisi de symboliser leur attachement à la francophonie en se faisant tatouer des éléments culturels. Ces tatouages, souvent réalisés à l'adolescence, représentent des fleurs de lys, des trilles, des drapeaux ou des mots, et deviennent des marqueurs visibles de leur identité. Le 25 septembre est la Journée des Franco-Ontariens et Franco-Ontariennes, une date qui célèbre cette communauté minoritaire en Ontario. La francophonie ontarienne désigne l'ensemble des personnes parlant français dans cette province, où le français est une langue minoritaire face à l'anglais. Les tatouages servent à affirmer cette identité, surtout dans des environnements majoritairement anglophones, et à partager cette culture avec autrui.
Stef Paquette, artiste franco-ontarien membre du trio Les Bilinguish Boys, s'est fait tatouer une fleur de lys verte sur la poitrine à 16 ans, en 1985. À l'époque, il faisait partie du groupe d'humour JeunEsprit, qui produisait des capsules pour l'émission Imagine sur la chaîne TVOntario. Le tatouage, réalisé par un artiste nommé Spyder, était une décision impulsive prise pour une capsule humoristique. Près de 40 ans plus tard, ce tatouage reste intact et accompagne Stef Paquette dans ses tournées à travers la francophonie canadienne. La fleur de lys est un symbole associé à la francophonie, souvent utilisé pour représenter l'identité française, ici adapté aux Franco-Ontariens.
Christine St-Pierre, originaire de Windsor en Ontario, s'est fait tatouer une fleur de lys sur la cheville à 16 ans, puis a ajouté un trille deux ans plus tard, à 18 ans. Le trille est une petite fleur blanche qui figure sur le drapeau franco-ontarien aux côtés de la fleur de lys verte. Christine vit dans le Nord de l'Ontario depuis près de 10 ans et a vécu dans différentes régions de la province. Son tatouage lui permet de partager sa culture et de corriger les préjugés selon lesquels elle serait Québécoise. Elle souligne que son tatouage est une façon de raconter son parcours et de s'affirmer comme Franco-Ontarienne dans un environnement majoritairement anglophone.
Guy Harrold, alias Capitaine Franco, enseignant à Iroquois Falls, s'est fait tatouer le drapeau franco-ontarien sur la poitrine à l'âge de 50 ans. Ce drapeau, adopté officiellement en 1975, est composé d'une fleur de lys verte, d'un trille blanc et de bandes vertes et blanches. Guy Harrold a ensuite ajouté un second tatouage représentant son héritage écossais, tout en gardant un lien avec ses racines franco-ontariennes. Il explique que ces tatouages symbolisent sa double identité : il n'est pas seulement un francophone, mais aussi un francophile, c'est-à-dire une personne passionnée par la culture française et francophone.
Lori Ratté, enseignante à Cochrane, affiche fièrement son identité franco-ontarienne à travers deux tatouages, son véhicule Jeep Franco et sa compagnie Franco Swag. Ses tatouages, représentant les deux fleurs du drapeau franco-ontarien, attirent l'attention et servent de point de départ pour discuter d'un sujet qui lui tient à cœur : l'insécurité linguistique. Ce terme désigne le sentiment de malaise ou de doute que peuvent ressentir les locuteurs d'une langue minoritaire face à une langue dominante. Lori Ratté utilise ses tatouages pour encourager les autres à assumer leur accent et leur identité, en disant : Utilise-le ton accent. C'est de même qu'on sait d'où tu viens.
Marie-Pierre Héroux, originaire de New Liskeard mais ayant grandi à Embrun, s'est fait tatouer un symbole franco-ontarien à Sudbury après avoir réalisé la difficulté d'être francophone dans certaines communautés de l'Ontario. Elle raconte avoir pensé : Ce serait tellement plus simple si je n'étais pas francophone, avant de comprendre que c'est précisément ce choix de vivre en français qui définit son identité de Franco-Ontarienne. Son tatouage, réalisé symboliquement à Sudbury, a été porté lors des manifestations du Jeudi Noir en 2018. Le Jeudi Noir fait référence à des mobilisations historiques des Franco-Ontariens pour défendre leurs droits linguistiques, notamment en 1975 et 2018.
Tammy desOrmeaux, conseillère pédagogique en éducation autochtone à North Bay, porte un tatouage qui incarne sa double identité : franco-ontarienne et Anishinaabe, membre de la Première Nation Dokis. Son tatouage, réalisé en 2012, représente cette hybridité culturelle et accompagne son cheminement vers la découverte de sa culture autochtone. Elle explique : Je suis autochtone, Anishinaabe, je fais partie de la Nation de Dokis et je suis francophone. L'Anishinaabe est un peuple autochtone du Canada, et sa culture est souvent représentée par des symboles comme les plumes. Tammy desOrmeaux prévoit compléter son tatouage avec les couleurs représentant ses filles, héritées de ses ancêtres.
Valérie Legrand, agente de communications à la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) à North Bay, a choisi un tatouage subtil : trois mots, Aujourd'hui et demain, tirés de la chanson Mon beau drapeau. Ce tatouage lui rappelle son identité franco-ontarienne sans attirer l'attention. La FESFO est une organisation qui représente les jeunes Franco-Ontariens et milite pour leurs droits. Valérie Legrand utilise son tatouage comme un outil de transmission pour la jeunesse, en disant : *C'est comme un
Le *drapeau franco-ontarien* a été hissé pour la première fois à l'Université Laurentienne en 1975. Il est composé d'une *fleur de lys* verte, symbole de la francophonie, d'un *trille* blanc, fleur emblématique de l'Ontario, et de bandes vertes et blanches représentant les forêts et les champs de la province. Ce drapeau est un symbole fort de la lutte des Franco-Ontariens pour la reconnaissance de leur identité. L'article mentionne également d'autres Franco-Ontariens ayant choisi de se tatouer des éléments liés à ce drapeau, comme Jacques Thériault, présent lors du premier hissage, ou Tabetha Sheppard, qui s'est fait tatouer à 18 ans.

