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Généraliste

António Guterres appelle à des restrictions sur l’IA et à la paix à l’Assemblée générale

ICI Radio-Canada · mis à jour 22 sept.

L'IA, les conflits au Moyen-Orient et les changements climatiques ont été abordés dans son discours..

Dernier discours de Guterres

Le 22 septembre 2026, António Guterres, secrétaire général de l’ONU, a prononcé son dernier discours devant l’Assemblée générale, un événement marquant la fin de son second mandat de cinq ans qui s’achève le 31 décembre 2026. Lors de cette allocution, il a insisté sur quatre priorités majeures : la réglementation de l’intelligence artificielle (IA), la fin des conflits armés, l’action contre le changement climatique et la réforme des institutions onusiennes. Guterres a souligné que ces défis mondiaux s’accumulent et que l’ONU peine à y répondre efficacement. Il a également appelé à une surveillance mondiale des risques liés à l’IA, alors que le Conseil de sécurité de l’ONU s’apprêtait à accueillir des dirigeants du secteur technologique pour en discuter.

Appels à réguler l'IA

António Guterres a réitéré son plaidoyer pour une gouvernance mondiale de l’IA, une technologie dont les risques pour la sécurité internationale et la stabilité sociale deviennent de plus en plus évidents. Il a demandé aux dirigeants réunis à New York de créer un cadre multilatéral pour encadrer son développement, incluant des mécanismes de surveillance indépendants et des garanties communes. Ces mesures visent à prévenir des usages dangereux, comme la censure, la répression ou des accidents liés à des systèmes autonomes. En 2023, l’ONU avait déjà créé un organe consultatif sur l’IA, composé de 39 membres provenant de gouvernements, d’entreprises technologiques et d’universités, incluant des représentants des États-Unis, de la Russie et du Japon. Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est penché pour la première fois sur les risques de l’IA cette même année.

Crise politique à l'ONU

Malgré la présence de près de 130 dirigeants mondiaux à l’Assemblée générale, certains pays clés étaient absents, comme la Chine, l’Afrique du Sud, l’Inde et l’Allemagne. Cette absence reflète des tensions géopolitiques et une tendance croissante de certaines grandes puissances à contourner l’ONU, notamment en réduisant leurs financements. Les États-Unis, sous l’administration de Donald Trump, ont par exemple retiré leur soutien à plusieurs agences onusiennes et diminué leurs contributions financières. Guterres a critiqué cette approche, affirmant que les institutions internationales doivent être réformées pour refléter les réalités du XXIe siècle et non celles d’une époque révolue.

Moyen-Orient : appel à la paix

Dans un contexte de tensions persistantes au Moyen-Orient, António Guterres a appelé à une désescalade des conflits, notamment dans des zones stratégiques comme la mer Rouge et le détroit d’Ormuz. Il a insisté sur la nécessité de rétablir l’aide humanitaire, de respecter les droits de navigation internationaux et de mettre fin aux combats. Ces appels s’inscrivent dans une volonté de renforcer le rôle de l’ONU comme médiateur dans les conflits, un rôle que Guterres a défendu tout au long de ses dix années à la tête de l’organisation. Il a également réaffirmé son soutien à une solution à deux États pour les Israéliens et les Palestiniens, une cause qu’il a portée depuis le début de son mandat.

Réformes et héritage de Guterres

António Guterres a profité de ce discours pour faire ses adieux aux dirigeants mondiaux avec lesquels il a collaboré pendant une décennie. Il a réaffirmé son engagement en faveur de la paix et des valeurs de la Charte des Nations unies, malgré les défis et les critiques envers l’inefficacité perçue de l’ONU. Guterres a souligné que les mécanismes d’action collective de l’organisation sont sous pression en raison des crises accumulées et des intérêts divergents des États membres. Son héritage inclut une tentative de positionner l’ONU comme un acteur central dans la gouvernance des technologies émergentes et la résolution des conflits, malgré les obstacles politiques et financiers.

Ce que ça pourrait changer

Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a annoncé le 21 septembre 2026 qu’un nouveau mécanisme de signalement des risques liés à l’IA serait proposé lors d’un sommet entre les présidents américain, Donald Trump, et chinois, Xi Jinping. Ce mécanisme, né d’un dialogue sino-américain sur l’IA, vise à couvrir les incidents ayant des répercussions sur la sécurité nationale. Il s’inscrit dans une dynamique de coopération entre les deux superpuissances, malgré leurs tensions géopolitiques. Cette initiative pourrait compléter les efforts de l’ONU pour encadrer l’IA à l’échelle mondiale, en ajoutant une couche de transparence et de responsabilité partagée.

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