L’écrasante majorité des jeunes veulent devenir propriétaires, malgré les obstacles
Le rêve d’une maison unifamiliale demeure toutefois inatteignable pour plusieurs d’entre eux..
Selon un sondage réalisé par la firme Léger pour l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ), 92 % des jeunes Québécois âgés de 18 à 34 ans, qui ne possèdent pas encore de logement, rêvent de devenir propriétaires. Ce chiffre surprend les observateurs, car traditionnellement, les Québécois sont plus nombreux que les autres Canadiens à opter pour la location. Simon Langelier, directeur des relations gouvernementales à l’APCIQ, souligne que ce désir de propriété est très marqué, malgré les défis économiques actuels. Le sondage a été mené en ligne auprès de 1 500 résidents du Québec, tous âges confondus. Parmi les 35-54 ans, 26 % ont également reporté ou abandonné leur projet d’achat en raison des prix élevés au cours des cinq dernières années. Ces données illustrent une forte aspiration à la propriété, mais aussi les obstacles concrets qui se dressent devant les jeunes générations.
Malgré les efforts de densification urbaine visant à augmenter l’offre de logements, la maison unifamiliale détachée reste l’idéal pour une majorité de Québécois. Selon le sondage, 56 % des jeunes adultes (18-34 ans) et 65 % des 35-54 ans la plébiscitent, loin devant les maisons de ville (14 %) ou les condos (8 %). Même dans la région de Montréal, 53 % des répondants de tous âges préfèrent ce type d’habitation. Simon Langelier, de l’APCIQ, explique cette préférence par l’attachement culturel au rêve nord-américain : une maison individuelle avec un terrain, souvent en banlieue. Cependant, seulement 15 % des aspirants propriétaires jugent cet idéal réaliste aujourd’hui. Pour y accéder, les compromis les plus acceptés sont l’achat d’une maison détachée plus petite (68 %) ou le déménagement en périphérie (43 %). Les jeunes sont légèrement plus ouverts à d’autres options, comme les maisons jumelées ou les condos, mais l’attrait pour la maison individuelle domine.
Le sondage révèle que 85 % des Québécois, tous âges confondus, considèrent la situation du logement comme un problème important, dont 51 % le qualifient de très important. Les deux tiers (67 %) estiment qu’un ménage à revenu moyen ne peut pas trouver un logement adapté à ses besoins dans sa région. Cette problématique influence même les choix électoraux : 47 % des répondants, et 58 % des jeunes adultes, pourraient voter en fonction de cette question lors des prochaines élections provinciales. Ces chiffres reflètent une crise du logement qui touche particulièrement les classes moyennes, incapables de se loger décemment sans sacrifier une part importante de leurs revenus. Les données soulignent l’urgence d’agir pour rendre le logement plus accessible.
Face à la crise du logement, les Québécois privilégient des mesures fiscales pour faciliter l’accès à la propriété. Selon le sondage, 47 % des répondants souhaitent une réduction de la taxe de bienvenue (une taxe payée lors de l’achat d’un logement au Québec), et 36 % demandent des aides fiscales pour les premiers acheteurs, comme des crédits d’impôt. En revanche, les mesures visant à augmenter l’offre de logements neufs sont moins populaires : seulement 21 % soutiennent l’accélération des approbations de projets, 19 % la diversification des types de logements dans les quartiers existants, et 17 % des mesures pour augmenter la capacité de construction. Pourtant, des économistes, comme ceux de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), mettent en garde contre ces solutions fiscales. Dans un rapport de mai 2025, l’OCDE souligne qu’elles risquent d’augmenter la demande et donc les prix, aggravant ainsi la crise. Simon Langelier, de l’APCIQ, partage cette analyse et plaide pour une réforme réglementaire afin d’accélérer la construction de nouveaux logements.
L’article met en lumière plusieurs acteurs clés dans le débat sur l’accès au logement au Québec. L’*Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec* (APCIQ) a commandé le sondage pour comprendre les aspirations des jeunes et des autres groupes d’âge. Simon Langelier, son directeur des relations gouvernementales, y joue un rôle central en analysant les résultats et en proposant des pistes de solution. L’*Organisation de coopération et de développement économiques* (OCDE), une organisation internationale, apporte un éclairage économique en soulignant les limites des mesures fiscales dans un rapport publié en mai 2025. Enfin, le contexte politique québécois est également évoqué, avec l’influence potentielle de la crise du logement sur les prochaines élections provinciales. Ces acteurs illustrent la complexité du problème, qui mêle aspirations individuelles, enjeux économiques et décisions politiques.

