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Généraliste

Guerre commerciale : une riposte américaine « sans grand impact », dans l’ensemble

ICI Radio-Canada · mis à jour 9 sept.

Ses effets sont plutôt neutres, estime Jean-Michel Marcoux, professeur adjoint d'études internationales..

Réaction américaine rapide

L’administration du président américain Donald Trump a réagi en quelques heures seulement après l’entrée en vigueur des contre-tarifs imposés par le Canada, mardi 9 septembre 2026. Cette riposte s’inscrit dans le cadre d’une guerre commerciale entre les deux pays, où chaque partie impose des barrières douanières ou des restrictions pour protéger ses intérêts économiques. Jean-Michel Marcoux, professeur à l’Université Laval, souligne que cette réponse, bien que rapide et médiatisée, a eu des effets limités sur le plan économique. Les mesures américaines incluent notamment l’exclusion des entreprises canadiennes des appels d’offres publics aux États-Unis, une décision qui semble davantage symbolique que réellement impactante, compte tenu des volumes concernés.

Exclusion des appels d'offres

L’une des mesures phares prises par Donald Trump consiste à interdire aux entreprises canadiennes de soumissionner pour des contrats publics américains. Cette décision s’inspire en partie d’une mesure similaire annoncée par le Québec, qui réserve certains appels d’offres aux entreprises locales ou canadiennes à partir de janvier 2027. Cependant, l’impact de cette exclusion est jugé faible : en 2024-2025, seulement 58 millions de dollars sur un marché total de 50 milliards de dollars avaient été attribués à des fournisseurs canadiens. Pour le Québec, où moins de 10 % des entreprises américaines soumissionnent pour des marchés publics, cette mesure pourrait nonetheless toucher quelques entreprises locales, selon la première ministre Christine Fréchette.

Interdiction de produits précis

Donald Trump a signé cinq proclamations mardi soir, dont trois interdisent à partir du 29 septembre 2026 l’importation de certains produits canadiens, comme le lactosérum (un sous-produit du lait utilisé en fromagerie), les boissons alcoolisées (bières, cidres, vins et spiritueux) et les motocyclettes. Ces produits étaient déjà soumis à des tarifs douaniers de 50 % depuis le 20 août 2026. Le passage à une interdiction totale n’a donc qu’un impact limité, car ces marchandises étaient déjà fortement taxées. Les deux autres proclamations ajoutent de nouveaux produits à la liste des biens canadiens soumis à ces droits de douane de 50 %, comme les fromages, le papier, les produits en acier ou en aluminium, certains meubles, les matelas et les équipements de cuisine.

Retrait partiel des tarifs

Parallèlement à ces nouvelles mesures restrictives, Donald Trump a signé un décret secret révoquant les droits de douane de 50 % sur une dizaine de produits canadiens, comme le papier hygiénique, le sel, le sucre, le ciment et les cannes à pêche. Cette décision fait suite aux pressions de l’industrie américaine, qui dépend de ces importations canadiennes. Par exemple, les États-Unis ne produisent pas efficacement les cannes à pêche, rendant leur importation indispensable. Jean-Michel Marcoux explique que cette mesure vise à atténuer les tensions commerciales sans pour autant remettre en cause la politique protectionniste globale de l’administration Trump.

Analyse de la Banque Scotia

La Banque Scotia a analysé l’impact global des nouvelles mesures américaines dans une étude publiée le 10 septembre 2026. Selon elle, les exportations canadiennes interdites ne représentent qu’environ 0,7 milliard de dollars canadiens, un montant relativement faible. Les nouveaux droits de douane s’appliquent à environ 3 milliards de dollars d’exportations canadiennes vers les États-Unis, tandis que les droits supprimés concernent environ 2 milliards de dollars. L’institution financière conclut que ces mesures visent davantage à sauver la face de l’administration américaine qu’à infliger un préjudice économique substantiel au Canada, ce qui est perçu comme une bonne nouvelle pour l’économie canadienne.

Ce que ça pourrait changer

Donald Trump avait menacé d’interdire la vente d’appareils de l’entreprise québécoise *Bombardier* aux États-Unis, une mesure qui aurait pu avoir des conséquences majeures pour l’entreprise, dont le siège social est situé au Kansas et qui emploie 3 000 personnes aux États-Unis. Cette menace avait provoqué des réactions, y compris parmi les républicains, comme le sénateur Jerry Moran du Kansas, qui a défendu Bombardier. Cependant, mardi 9 septembre 2026, la Maison-Blanche a indiqué que Donald Trump continuait d’évaluer ses options. Une source canadienne précise que la menace n’est pas encore totalement écartée, laissant planer une incertitude sur l’avenir de Bombardier dans ce contexte commercial tendu.

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