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L’Arabie saoudite intercepte des drones, l’Égypte envisage d’intervenir pour la défendre

Le Devoir · mis à jour il y a 19 j

Le pays est sous le feu depuis début octobre d’attaques quasi-quotidiennes des Houthis pro-iraniens du Yémen..

Conflit au Yémen

Depuis 2014, le Yémen est déchiré par une guerre civile opposant le gouvernement yéménite, soutenu par l’Arabie saoudite, aux Houthis, un groupe rebelle armé. Ces derniers contrôlent une grande partie du nord du pays, dont la capitale Sanaa. En juillet 2026, les combats se sont intensifiés après une accalmie de plusieurs années. Les Houthis, qualifiés de pro-iraniens car soutenus par l’Iran, ont repris des territoires stratégiques, notamment le littoral yéménite sur la mer Rouge. Leur objectif est de renverser le gouvernement reconnu internationalement. Le conflit a déjà fait des dizaines de milliers de morts et provoqué l’une des pires crises humanitaires au monde, avec des millions de déplacés et une famine généralisée. Les frappes aériennes saoudiennes, quotidiennes, ciblent les positions houthies, mais causent aussi des victimes civiles, comme en témoignent les 12 morts (dont 3 enfants) et des dizaines de blessés signalés par les Houthis en 24 heures.

Attaques contre l'Arabie

Depuis début octobre 2026, l’Arabie saoudite subit des attaques quasi quotidiennes menées par les Houthis depuis le Yémen. Ces attaques visent principalement ses infrastructures pétrolières et ses aéroports, comme celui d’Abha, touché le 7 octobre 2026. Le 10 octobre, une attaque sur l’aéroport de Riyad a causé 13 morts et des centaines de blessés, la plus meurtrière sur le sol saoudien depuis plus de 10 ans. Les Houthis utilisent des drones et des missiles, interceptés régulièrement par la coalition saoudienne. Le 14 octobre, quatre drones ont été détruits au-dessus de Riyad, de l’est et du sud du pays. Ces attaques s’inscrivent dans une stratégie de pression pour affaiblir l’Arabie saoudite, qui soutient militairement le gouvernement yéménite. L’Iran, allié des Houthis, dément toute implication directe mais est accusé par Riyad d’encourager ces opérations.

Rôle de l'Égypte

Face à l’escalade des attaques contre l’Arabie saoudite, l’Égypte envisage une intervention militaire pour la défendre, si Riyad le demande. Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a précisé que cette aide serait uniquement défensive et nécessiterait l’accord du Parlement. Une séance extraordinaire est prévue pour discuter d’un éventuel déploiement. L’Égypte, qui n’a pas signé le pacte de défense de La Mecque (un accord militaire signé en août 2026 entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan), justifie son soutien par la menace que représente la prise de contrôle par les Houthis du détroit de Bab el-Mandeb, une voie maritime cruciale. Ce détroit, situé au sud de la mer Rouge, est vital pour le commerce mondial et le canal de Suez, dont les revenus ont déjà chuté de 40 % depuis 2023 à cause des attaques houthies contre les navires.

Ce que ça pourrait changer

L’Iran a proposé une médiation pour mettre fin au conflit yéménite, affirmant soutenir un *processus politique inclusif* et la souveraineté des deux pays. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a réitéré cette offre lors d’une réunion à Bagdad, tout en démentant toute implication directe dans les attaques contre l’Arabie saoudite. Téhéran qualifie les Houthis d’une partie de l’*Axe de la résistance*, une alliance de groupes hostiles à Israël incluant aussi le Hezbollah libanais et le Hamas palestinien. De son côté, l’Arabie saoudite accuse l’Iran d’encourager les opérations militaires des Houthis, une accusation rejetée par Téhéran. Les États-Unis, sollicités par Riyad, n’ont pas encore répondu à ses demandes d’aide, poussant l’Arabie saoudite à chercher des alliés régionaux comme l’Égypte.

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