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Généraliste

Traite de personnes : des jeunes en foyer de groupe pris pour cible au N.-B.

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 21 j

« C’est très facile pour ces jeunes de tomber dans le piège », dit une intervenante..

Cible des adolescents vulnérables

Des individus ciblent spécifiquement des adolescents vivant dans des foyers de groupe au Nouveau-Brunswick, selon des intervenants communautaires et des policiers. Ces jeunes, souvent vulnérables en raison de leur situation familiale ou sociale, sont approchés lorsqu'ils sortent de leur foyer de groupe, notamment à Moncton. Les trafiquants repèrent leurs besoins ou désirs (comme des cigarettes, des vêtements ou des sorties) et profitent de cette proximité pour gagner leur confiance. Maggie, une travailleuse sociale de l'organisme Communauté de l’espoir, explique que ces criminels offrent des cadeaux ou répondent à des besoins immédiats pour établir une relation de dépendance. L'objectif est de créer un lien émotionnel ou matériel qui facilitera ensuite l'exploitation de la victime. Cette méthode est particulièrement efficace car les jeunes, en quête d'affection ou de reconnaissance, peuvent ne pas percevoir les risques encourus.

Traite de personnes, esclavage moderne

La traite de personnes, aussi appelée trafic de personnes, est un crime grave défini comme l'exploitation d'une personne à des fins de profit, souvent par la contrainte, la manipulation ou la violence. Selon un agent de police municipale de Saint-Jean au Nouveau-Brunswick, cette pratique s'apparente à de l'esclavage moderne. Les victimes, souvent des jeunes en situation de vulnérabilité, sont piégées par des trafiquants qui exploitent leur dépendance affective, leur besoin de reconnaissance ou leur consommation de drogues. Un juge de la Cour du Banc du Roi a souligné dans une décision de mars 2026 que ces jeunes, privés de protection familiale ou institutionnelle, peuvent se retrouver sans abri ou être déplacés vers d'autres villes contre leur gré. La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a également enquêté sur des cas d'exploitation sexuelle et de traite impliquant des jeunes pris en charge dans des foyers de groupe.

Méthodes des trafiquants

Les trafiquants utilisent plusieurs stratégies pour attirer et contrôler leurs victimes. L'une des plus courantes est la technique du Roméo proxénète : ils se présentent comme des partenaires amoureux pour gagner la confiance d'un jeune, souvent isolé ou en quête d'affection. Une fois la relation établie, ils exigent une contrepartie financière ou sexuelle, sous prétexte que les cadeaux offerts (vêtements, sorties, etc.) doivent être « remboursés ». Ashley MacDonald, du programme Brave YW du YWCA à Moncton, indique que 9 fois sur 10, cette dynamique repose sur une relation perçue comme amoureuse par la victime. Les trafiquants peuvent aussi marquer physiquement leurs victimes, par exemple avec des tatouages, pour renforcer leur emprise. Les réseaux sociaux sont un autre outil utilisé : Mel Kennah, directeur de l'organisme Youth Impact Jeunesse, décrit comment une adolescente a reçu des messages inquiétants d'inconnus en ligne sans en comprendre la dangerosité.

Vulnérabilité des jeunes pris en charge

Les jeunes vivant en foyer de groupe sont particulièrement exposés à la traite de personnes en raison de plusieurs facteurs. Leur situation familiale précaire, leur isolement affectif ou leur dépendance aux adultes les rendent plus susceptibles de rechercher une figure de soutien ou d'affection en dehors de leur environnement protégé. Liz Hawkes, de l'organisme Communauté de l’espoir, précise que l'âge moyen des victimes est de 13 ans, et que les plus jeunes sont souvent ciblées car elles rapportent plus d'argent aux trafiquants. La fragilité de leur relation avec les adultes dont ils dépendent (éducateurs, travailleurs sociaux) aggrave leur vulnérabilité. Une fois piégés, ces jeunes peuvent ne pas se considérer comme des victimes, surtout s'ils entretiennent une relation affective avec leur exploiteur. Ashley MacDonald souligne qu'il faut en moyenne entre 5 et 20 tentatives pour qu'une victime parvienne à s'échapper de cette emprise.

Ce que ça pourrait changer

Plusieurs organismes et institutions au Nouveau-Brunswick travaillent à prévenir la traite de personnes et à soutenir les victimes. La *Gendarmerie royale du Canada* (GRC) mène des enquêtes sur les signalements d'exploitation sexuelle et de traite impliquant des jeunes. La sergente Holly Erb, du Groupe d’enquêtes sur les violences sexuelles de la GRC, insiste sur l'importance de sensibiliser le public et de coordonner les efforts entre les différentes agences (police, services sociaux, associations) pour mieux repérer les situations à risque. Des programmes comme *Brave YW* du YWCA ou *Communauté de l’espoir* offrent un accompagnement aux jeunes victimes, en les aidant à reprendre le contrôle de leur vie. Ashley MacDonald encourage les éducateurs et travailleurs sociaux à établir des relations solides avec les jeunes pour qu'ils sachent qu'ils peuvent toujours compter sur un soutien inconditionnel. La ligne d'urgence canadienne contre la traite des personnes (1-833-900-1010) est également disponible 24 heures sur 24 pour toute personne en détresse ou témoin d'une situation suspecte.

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