Un simple test sanguin pourrait prédire le risque de développer Alzheimer dans les 10 ans à venir
Diagnostiquer Alzheimer arrive souvent trop tard, une fois la mémoire déjà entamée. Un simple examen pourrait pourtant donner l'alerte bien plus tôt.
Des chercheurs ont identifié une molécule présente dans le sang, appelée p-tau217, qui pourrait servir de biomarqueur pour prédire le risque de développer la maladie d'Alzheimer dans les 10 prochaines années. Un biomarqueur est une substance mesurable dans le corps qui indique la présence ou l'évolution d'une maladie. Dans ce cas, cette protéine est liée à la formation des plaques amyloïdes, des accumulations de protéines anormales dans le cerveau, caractéristiques d'Alzheimer. Les scientifiques ont observé que des niveaux élevés de p-tau217 dans le sang étaient associés à un risque accru de 80 % de développer la maladie sur une décennie. Cette découverte ouvre la voie à un test sanguin simple et non invasif, contrairement aux méthodes actuelles comme les ponctions lombaires ou les imageries cérébrales coûteuses et complexes.
Le test sanguin basé sur le dosage de p-tau217 a montré une fiabilité de 90 % pour prédire l'apparition d'Alzheimer chez des personnes âgées de 60 à 80 ans. Cela signifie que pour 100 personnes testées, 90 recevraient un résultat correct, qu'il soit positif ou négatif. Les chercheurs ont mené leur étude sur un échantillon de 1 000 participants, suivis pendant une période moyenne de 6 ans. Les résultats ont été comparés à des diagnostics obtenus par des méthodes traditionnelles, comme l'analyse du liquide céphalo-rachidien ou des scanners cérébraux. Cette précision est comparable à celle des tests actuels les plus avancés, mais avec l'avantage d'être moins coûteuse et plus accessible.
Un dépistage précoce grâce à ce test sanguin permettrait d'intervenir plus tôt dans la progression de la maladie, avant l'apparition des symptômes. Actuellement, Alzheimer est diagnostiqué tardivement, souvent lorsque les dommages cérébraux sont déjà importants et irréversibles. Avec ce test, les médecins pourraient proposer des stratégies de prévention ou des traitements expérimentaux à des stades plus précoces, comme des modifications du mode de vie ou des médicaments en développement. De plus, ce test pourrait réduire les coûts pour les systèmes de santé, estimés à plusieurs milliards d'euros par an en Europe et aux États-Unis, en évitant des examens invasifs et coûteux pour les patients à faible risque.
Bien que prometteuse, cette découverte nécessite encore des validations supplémentaires avant une utilisation généralisée. Les chercheurs soulignent que des études plus larges, impliquant des milliers de participants sur des périodes plus longues, sont nécessaires pour confirmer ces résultats. De plus, le test ne permet pas de prédire avec certitude qui développera Alzheimer, mais il donne une estimation du risque. Les prochaines étapes incluent des essais cliniques pour évaluer l'efficacité des interventions précoces chez les personnes identifiées comme à haut risque. En attendant, les méthodes de diagnostic actuelles restent indispensables pour les patients symptomatiques.
Alzheimer est la forme la plus courante de démence, touchant environ 55 millions de personnes dans le monde en 2026, dont 1,2 million en France. Les traitements actuels ne font que ralentir la progression de la maladie, sans la guérir. Les coûts associés à Alzheimer sont estimés à 1 000 milliards de dollars par an au niveau mondial, en incluant les soins médicaux et l'accompagnement des patients. Les méthodes de diagnostic actuelles, comme les ponctions lombaires ou les *PET-scans* (imagerie cérébrale), coûtent entre 500 et 2 000 € par patient et ne sont pas accessibles à tous. Ce nouveau test sanguin pourrait donc représenter une avancée majeure pour la médecine préventive et personnalisée.

