Les Philippines furieuses contre les déclarations de l’ambassadeur de Chine
Déclarant que Pékin “gagnerait aisément” en cas de conflit avec l’archipel, l’ambassadeur de Chine à Manille provoque une levée de boucliers. Le Sénat demande que le diplomate soit déclaré persona non grata..
Les Philippines et la Chine sont engagées dans une crise diplomatique depuis le 15 octobre 2026, après des déclarations controversées de l’ambassadeur chinois Jing Quan. Ce dernier a affirmé que la Chine gagnerait aisément en cas de conflit militaire avec les Philippines. Ces propos ont été perçus comme une menace par le président philippin Ferdinand Marcos Jr., qui les a qualifiés de ressemblant fort à une menace. La ministre des Affaires étrangères philippine, Maria Theresa Lazaro, a convoqué l’ambassadeur le 19 octobre pour exprimer sa profonde inquiétude et ses vives objections, le considérant comme provocateur et inacceptable. Elle a également accusé Jing Quan d’avoir proféré une menace, ce qui a aggravé une situation déjà tendue entre les deux pays.
Le déclencheur de cette crise remonte à une déclaration du ministre philippin de la Défense, Gilberto Teodoro, faite la veille des propos de l’ambassadeur chinois. Teodoro avait accusé la Chine d’être l’élément perturbateur en Asie du Sud-Est en raison de ses actions agressives en mer de Chine méridionale. Cette mer, appelée mer de Chine méridionale par les Philippines, est un espace maritime stratégique où plusieurs pays, dont la Chine, les Philippines, le Vietnam et la Malaisie, revendiquent des zones économiques exclusives (ZEE) ou des îles. La Chine, qui revendique environ 90 % de cette mer, y a construit des îles artificielles militarisées, ce qui a provoqué des tensions récurrentes avec les Philippines.
Face aux déclarations de l’ambassadeur chinois, les Philippines ont réagi de manière ferme. Le Sénat philippin a demandé que Jing Quan soit déclaré persona non grata, une expression latine signifiant personne indésirable, ce qui implique son expulsion du pays. La ministre des Affaires étrangères a souligné que les propos de l’ambassadeur avaient sapé les efforts visant à instaurer une compréhension mutuelle entre les deux nations. De son côté, Jing Quan a nié toute intention menaçante, affirmant qu’il plaidait pour la paix entre les deux pays. Malgré cette tentative de clarification, la tension persiste, avec des accusations croisées entre Manille et Pékin.
Cette crise s’inscrit dans un contexte plus large de rivalités en mer de Chine méridionale, où les tensions entre la Chine et plusieurs pays d’Asie du Sud-Est sont fréquentes. Les Philippines, soutenues par les États-Unis, cherchent à défendre leur souveraineté sur des zones maritimes qu’ils estiment leur appartenir. La Chine, de son côté, affirme que ses revendications sont historiques et légitimes, tout en renforçant sa présence militaire dans la région. Les déclarations de l’ambassadeur chinois reflètent cette stratégie d’affirmation de puissance, tandis que les Philippines tentent de mobiliser la communauté internationale pour faire pression sur Pékin.
Les conséquences de cette crise diplomatique pourraient être multiples. Sur le plan politique, les Philippines pourraient renforcer leurs alliances avec d’autres pays de la région, comme les États-Unis, le Japon ou l’Australie, pour contrer l’influence chinoise. Sur le plan économique, les échanges commerciaux entre les deux pays pourraient être affectés, bien que la Chine reste un partenaire commercial majeur pour les Philippines. Enfin, sur le plan militaire, une escalade des tensions pourrait mener à des incidents en mer, comme des collisions entre navires ou des blocages de zones contestées, ce qui aggraverait encore la situation.

