Le projet fédéral de TGV s’invite dans la campagne électorale au Québec
Tandis que la CAQ, le PLQ et QS sont pour, le PQ et le le PCQ sont contre..
Le projet de train à grande vitesse (TGV) reliant Toronto à Québec, appelé Alto, a été lancé début 2025 par l’ancien premier ministre canadien Justin Trudeau. Porté par la société d’État fédérale Alto, ce projet prévoit un tracé de 1 000 kilomètres avec des arrêts à Peterborough, Ottawa, Laval, Montréal et Trois-Rivières. Le coût de construction est estimé entre 60 et 90 milliards de dollars, sans que les coûts d’exploitation ne soient encore connus. Les travaux devraient commencer en 2029 sur le tronçon Montréal-Ottawa. Ce projet s’invite dans la campagne électorale québécoise de 2026, où les partis politiques débattent de son opportunité et de ses impacts.
L’Union des producteurs agricoles (UPA), qui représente les agriculteurs du Québec, s’oppose fermement au projet TGV d’Alto. Leurs principales craintes concernent les expropriations de terres, notamment dans la région de Mirabel, où les souvenirs de l’ancien aéroport sont encore douloureux. Les agriculteurs craignent également que le tracé du TGV enclavent leurs terres agricoles, limitant leur accès et leur productivité. L’UPA juge ce projet comme une mauvaise priorité, préférant explorer d’autres alternatives. Cette opposition a été au cœur des discussions lors d’une rencontre entre les chefs des principaux partis politiques et l’UPA à Longueuil.
Les cinq principaux partis politiques québécois ont des positions divergentes sur le projet TGV. Christine Fréchette (CAQ) et Charles Milliard (PLQ) y sont favorables, soulignant les retombées économiques, touristiques et environnementales (réduction des gaz à effet de serre). Ruba Ghazal (QS) soutient aussi le projet mais insiste sur la nécessité de consulter le Québec pour ajuster le tracé et limiter les impacts, comme l’ajout de traverses pour les animaux ou les agriculteurs, bien que cela augmente les coûts. En revanche, Paul St-Pierre Plamondon (PQ) et Éric Duhaime (PCQ) s’y opposent, estimant que les 150 milliards de dollars prévus sur 40 ans pourraient être mieux utilisés pour rénover les écoles, routes et hôpitaux du Québec. Duhaime qualifie le TGV d’éléphant blanc, un projet coûteux et peu utile.
Le projet TGV soulève des questions sur son acceptabilité sociale et son financement. Les agriculteurs, dont les terres représentent seulement 1,8 % du territoire québécois, craignent de perdre des surfaces cultivables. Les partis en faveur du projet, comme la CAQ et le PLQ, mettent en avant les bénéfices économiques et environnementaux, tandis que les opposants, comme le PQ et le PCQ, critiquent le coût exorbitant (jusqu’à 90 milliards de dollars) et la priorité donnée à un lien Toronto-Québec plutôt qu’à des infrastructures locales. Le gouvernement fédéral, qui porte le projet, doit aussi trouver un équilibre entre les impératifs économiques et les préoccupations des communautés locales.
Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a souligné que les Québécois n’ont jamais exprimé l’urgence de se rendre plus rapidement à Toronto comme une priorité absolue. Il a rappelé que les 150 milliards de dollars estimés pour le projet pourraient financer d’autres besoins urgents, comme la rénovation des écoles et des hôpitaux. Ce débat illustre une divergence fondamentale entre ceux qui voient le TGV comme un symbole de modernité et ceux qui le considèrent comme un luxe coûteux au détriment de services publics essentiels. La question de l’urgence et de la pertinence du projet reste donc centrale dans la campagne électorale.

