Trump menace de ne pas rouvrir le Kennedy Center si son nom n’y est pas apposé
Les ventes de billets se sont effondrées depuis la réorganisation du centre culturel par le président américain..
Donald Trump, président des États-Unis depuis 2025, exerce un contrôle direct sur le Kennedy Center, un lieu culturel emblématique de Washington. Il a nommé des fidèles à son conseil d’administration avec pour mission de le réorienter vers une programmation qualifiée de « pas woke », un terme utilisé par ses partisans pour désigner une culture jugée trop progressiste ou engagée sur des causes sociales. Trump a fait apposer son nom sur la façade du bâtiment en décembre 2024, aux côtés de celui de John F. Kennedy (JFK), l’ancien président démocrate à qui le centre est dédié. Cette décision a suscité des tensions, car elle va à l’encontre de la tradition qui réserve cet honneur à des figures liées à l’art ou à la culture, et non à des personnalités politiques en exercice.
Un juge fédéral, Christopher Cooper, a statué le 6 septembre 2026 que le nom de Donald Trump ne pouvait pas être réinscrit sur le Kennedy Center sans l’accord du Congrès américain. Cette décision s’appuie sur une loi interdisant d’honorer une personnalité politique en exercice sur un bâtiment fédéral, sauf accord du Congrès. Le juge a précisé que toute inscription faisant référence à Trump, comme « Rénové et restauré par Donald Trump », serait illégale. Cette interdiction fait suite à une première décision en mai 2026, où le même magistrat avait ordonné le retrait de toute mention de Trump sur le bâtiment, son site internet et ses marques déposées. Le Kennedy Center avait alors obtempéré, mais le conseil d’administration a tenté de contourner cette décision en proposant un nouveau projet d’inscription.
Donald Trump a menacé de ne pas rouvrir le Kennedy Center si son nom n’y était pas apposé, conditionnant les travaux de rénovation à une décision judiciaire favorable. Il a déclaré que, « si la décision est négative […] et n’est pas cassée par la Cour suprême américaine, la reconstruction et la rénovation du Kennedy Center n’auront pas lieu ». Cette menace a conduit le conseil d’administration, largement acquis à sa cause, à voter la fermeture immédiate de l’institution pour « raisons de sécurité ». Le conseil justifie cette décision par l’état précaire des finances du centre, estimant que seul Trump pourrait lever les fonds nécessaires à sa réhabilitation. Cependant, le juge Cooper avait déjà suspendu une première tentative de fermeture en mai 2026, la jugeant prématurée, tout en autorisant les travaux urgents.
Depuis la prise de contrôle de Trump en 2025, le Kennedy Center subit un effondrement des ventes de billets et des collectes de fonds. Des artistes et compagnies culturelles, comme la comédie musicale Hamilton, boycottent désormais la salle. Selon la presse américaine, cette désaffection s’explique par les positions politiques de Trump et sa gestion controversée du centre. Les recettes, déjà fragilisées par l’état du bâtiment, se sont effondrées, mettant en péril la survie même de l’institution. Le conseil d’administration argue que seul Trump pourrait relancer financièrement le Kennedy Center grâce à son réseau et à sa capacité à mobiliser des donateurs, justifiant ainsi sa demande d’apposer son nom sur la façade.
Le conseil d’administration du Kennedy Center, dominé par des partisans de Trump, a tenté de contourner l’interdiction judiciaire en proposant un projet d’inscription rendant hommage à l’engagement de Trump pour la rénovation du centre. Il estime que sa contribution historique mérite d’être reconnue, malgré l’opposition du juge Cooper. La vice-présidente du centre, Roma Daravi, a indiqué que l’institution comptait faire appel de la décision et chercherait à faire reconnaître *« la contribution historique de Donald Trump pour sa revitalisation »*. Cette stratégie s’inscrit dans un contexte plus large où Trump utilise sa notoriété pour imposer sa marque, y compris sur des institutions culturelles, tout en défiant les institutions judiciaires et législatives américaines.

