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Aux États-Unis, des appels pour réguler l’IA

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 4 j

Les deux hommes aux antipodes politiques se sont succédé au même lutrin pour porter le même message..

Événement pro-humain

L’assemblée pro-humaine s’est tenue le 15 septembre 2026 à Washington, DC, organisée par le Future of Life Institute, une organisation à but non lucratif. Cet événement a réuni des centaines de participants, dont des scientifiques, des employés de cabinets politiques et des militants. L’objectif était de discuter des risques liés aux technologies transformatrices, notamment l’intelligence artificielle (IA), et de proposer des solutions pour éviter des scénarios catastrophiques. L’institut se concentre sur l’éloignement des technologies des risques extrêmes à grande échelle, comme une IA surpassant l’intelligence humaine ou échappant au contrôle humain. L’assemblée a mis en lumière des divergences politiques, mais aussi des points de convergence sur la nécessité de réguler l’IA.

Bernie Sanders et risques IA

Le sénateur indépendant Bernie Sanders (Vermont) a souligné deux risques majeurs liés à l’IA lors de l’assemblée. D’abord, l’IA pourrait éliminer des dizaines de millions d’emplois, un enjeu économique et social majeur. Ensuite, il a évoqué un risque plus grave : une IA surpassant l’intelligence humaine, ce que beaucoup de scientifiques considèrent comme possible. Dans ce scénario, la technologie pourrait échapper au contrôle humain, entraînant des conséquences potentiellement catastrophiques. Sanders a appelé à une régulation urgente pour éviter ces dangers, malgré ses divergences politiques avec d’autres intervenants comme Steve Bannon.

Steve Bannon et approche Chine

L’ancien stratège de Donald Trump, Steve Bannon, a également plaidé pour une régulation de l’IA lors de l’assemblée. Bien qu’il ait des désaccords politiques profonds avec Bernie Sanders, il a reconnu que la régulation de l’IA transcende les clivages partisans. Bannon a proposé une approche plus radicale face à la Chine, suggérant d’étouffer son écosystème d’IA et d’expulser ses ressortissants des laboratoires américains. Il a insisté sur la nécessité de bloquer les ventes de puces électroniques et de prévenir le vol de technologies américaines. Cette position contraste avec celle de Sanders, qui prônait un accord entre les États-Unis et la Chine lors d’une rencontre prévue le 24 septembre 2026.

Soutien bipartisan régulation

L’appel à réguler l’IA a reçu un soutien inattendu de figures politiques aux antipodes, comme le républicain Chip Roy (Texas) et des militants conservateurs. Riki Parikh, directeur des politiques publiques de l’Alliance for Secure AI, a qualifié la régulation de l’IA de sujet « bipartisan » après vingt ans à Washington. Même des conservateurs comme Daniel Cochrane (Institute for Family First) ont exprimé leur inquiétude face à une technologie menaçant « la capacité à être humains ». Cette convergence montre que la régulation de l’IA dépasse les clivages traditionnels, même si les solutions proposées varient.

Trump et opposition régulation

Le président américain Donald Trump s’oppose à toute régulation de l’IA, affirmant que le seul contrôle nécessaire est un « président fort et intelligent ». Il a rejeté les appels à une intervention du Congrès, privilégiant une approche exécutive en raison de l’évolution rapide de la technologie. Cette position contraste avec celle de Steve Bannon, qui prônait une régulation par l’exécutif. Trump a aussi minimisé les risques, suggérant que l’IA n’a besoin que de « garde-fous » pour fonctionner. Son opposition a été critiquée par des militants, comme Corinne Johnson (Child First Policy Center), qui le voit comme « du mauvais côté de l’histoire » sur ce sujet.

Anthropic et ralentissement IA

Le PDG d’Anthropic, Dario Amodei, a appelé à un ralentissement du développement des modèles d’IA les plus avancés, une position soutenue par des rivaux comme Elon Musk (xAI) et Sam Altman (OpenAI). Cette prise de position fait suite à la démission d’un employé d’Anthropic, qui craignait que l’IA ne mène à l’extinction de l’humanité. Un groupe de démocrates a demandé au président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, de reporter les vacances parlementaires pour débattre d’une loi sur l’IA, mais cette demande a été rejetée. La pression sur Trump pour réguler l’IA s’intensifie, malgré son opposition.

Ce que ça pourrait changer

Le physicien **Max Tegmark**, cofondateur du *Future of Life Institute*, a suggéré que le Canada pourrait jouer un rôle clé en se positionnant comme leader de l’IA sécuritaire. Il a invité le pays à adopter un « leadership moral » plutôt que de simplement suivre les États-Unis et la Chine dans une course aux technologies potentiellement dangereuses. Tegmark a souligné l’importance de l’institut québécois **Mila** et de son chercheur **Yoshua Bengio** comme atouts pour le Canada. Le sénateur démocrate **Richard Blumenthal** (Connecticut) a également soutenu l’idée que toute initiative canadienne pour réguler l’IA serait bénéfique, tant qu’elle protège les personnes contre les risques.

Sujets complémentaires

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