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Ottawa accélère l’opération séduction des investisseurs alors que débute un sommet dédié

Le Devoir · mis à jour il y a 6 j

Le ministre Champagne a annoncé une mesure pour faciliter la vision d’avenir sur les investissements de plus de 1 milliard..

Sommet sur l'investissement

Le Canada organise à Toronto son tout premier Sommet canadien de l’investissement, réunissant des centaines de dirigeants et gestionnaires d’actifs internationaux. Cet événement, qui se déroule sur deux jours, a pour objectif de présenter aux investisseurs les opportunités économiques du pays dans des secteurs clés comme l’énergie, les minéraux essentiels et la défense. Le premier ministre Mark Carney, accompagné de ministres fédéraux et provinciaux, y participe activement. L’objectif affiché est ambitieux : attirer 1000 milliards de dollars d’investissements étrangers d’ici cinq ans. Des réunions en petit comité sont prévues, suivies d’un dîner de gala fermé au public et aux médias. Le discours de clôture sera prononcé par l’ancien premier ministre Stephen Harper, actuellement président du conseil d’administration d’AIMCo, une branche d’investissement liée au régime de retraite de l’Alberta.

Mesures fiscales attractives

Pour séduire les investisseurs, le gouvernement fédéral dirigé par François-Philippe Champagne a annoncé une mesure visant à simplifier les démarches fiscales. Les investisseurs injectant au moins 1 milliard de dollars dans l’économie canadienne bénéficieront d’un accès prioritaire au programme DAIR (décisions anticipées en matière d’impôt sur le revenu). Ce programme permet d’obtenir des précisions sur l’application de la législation fiscale avant d’engager des capitaux, offrant ainsi une certitude et une prévisibilité essentielles pour les grands projets. Le ministre des Finances a souligné que cette initiative répond à un besoin de clarté pour les investisseurs, alors que le Canada cherche à améliorer sa réputation après des années de stagnation des investissements des entreprises.

Enjeux et critiques

Malgré les efforts du gouvernement, le sommet suscite des contestations. Des manifestants, incluant des représentants syndicaux, des dirigeants autochtones et des militants écologistes, dénoncent une approche qui, selon eux, privilégie les grands projets au détriment des services publics, des oléoducs et de l’industrie de l’armement. Le chef héréditaire Wet’suwet’en Na’Moks a critiqué la stratégie du Canada, affirmant que le pays instrumentalise la guerre commerciale avec les États-Unis pour justifier ses grands projets. Par ailleurs, le chef du Parti conservateur, Pierre Poilievre, a qualifié le sommet de symbolique, estimant que les discours et cérémonies ne suffisent pas à relancer l’économie et à améliorer le pouvoir d’achat des Canadiens.

Ce que ça pourrait changer

Le sommet attire des figures majeures du monde financier, comme Larry Fink, p.-d.g. de BlackRock, et Jon Gray, président de Blackstone, deux des plus grands gestionnaires d’actifs au monde. Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a révélé que des représentants de pays comme le Koweït, la Malaisie, les Pays-Bas, Singapour, le Qatar, la Norvège, le Japon et l’Australie étaient également présents. Mark Carney a mis en avant les atouts du Canada, citant ses ressources naturelles, son énergie, ses talents, sa technologie et ses capitaux, tout en soulignant sa *confiance* comme un avantage distinctif. Une annonce conjointe avec le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, est prévue concernant un investissement dans la *souveraineté des données*.

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