La vague conservatrice ne fera pas dérailler le tramway, assure Bruno Marchand
Le maire de Québec redoute la perte d’influence de la Capitale-Nationale à la table du Conseil des ministres..
Le maire de Québec, Bruno Marchand, a déclaré qu’il était prêt à collaborer avec les élus du Parti conservateur du Québec, une formation politique qui a remporté plusieurs sièges dans la région lors des élections du 6 octobre 2026. Il a précisé qu’il ne chercherait pas à entrer en conflit avec cette formation, mais qu’il défendrait activement les intérêts de la ville lorsque cela serait nécessaire. Marchand a insisté sur le fait que la cohabitation serait possible uniquement si les conservateurs ne tentaient pas de bloquer des projets majeurs comme le tramway. Selon lui, une opposition systématique aux avancées de la ville pourrait nuire à la crédibilité politique des conservateurs et ne servirait pas les intérêts des citoyens. Il a également critiqué l’idée de réduire le travail des élus à des déclarations populistes ou à des prises de position médiatiques, promettant de s’y opposer fermement.
Bruno Marchand a affirmé que le projet de tramway à Québec, dont l’inauguration est prévue pour 2033, ne pourrait plus être annulé, malgré les critiques récentes de la députée conservatrice Éloïse Coulombe. Cette dernière avait suggéré que le projet pourrait être remis en question, mais le maire a rejeté cette possibilité. Il a souligné que le tramway était désormais une priorité pour la ville et que les citoyens comptaient sur sa réalisation. Marchand a également rappelé que le Parti québécois (PQ), une autre formation politique, soutenait ce projet, ce qui renforce sa légitimité. Le tramway est un projet de transport en commun visant à améliorer la mobilité urbaine et à réduire la dépendance à la voiture dans la région de Québec.
Bruno Marchand s’est dit inquiet de la perte d’influence de la région de Québec au sein du gouvernement provincial, notamment en raison de l’absence d’élus du Parti québécois (PQ) dans la grande région de Québec après les élections de 2026. Le PQ, qui défend l’idée d’un Québec indépendant, n’a conservé aucun siège dans cette zone, perdant même son siège historique de Jean-Talon au profit de la Coalition avenir Québec (CAQ). Marchand a appelé le nouveau premier ministre désigné, Paul St-Pierre Plamondon, à prendre des mesures pour représenter activement la Capitale-Nationale au sein du Conseil des ministres. Il a suggéré que le premier ministre pourrait lui-même occuper le poste de ministre responsable de la région ou s’appuyer sur des conseillers locaux pour assurer une représentation efficace. Cette situation rappelle celle de 2008, lorsque l’ancien premier ministre libéral Jean Charest avait lui-même endossé ce rôle.
Bruno Marchand a salué l’engagement du premier ministre désigné, Paul St-Pierre Plamondon, à réduire de moitié le nombre de personnes itinérantes au Québec d’ici 2030. Selon Marchand, cette promesse est l’une des plus ambitieuses parmi celles portées par les candidats lors des élections. L’itinérance désigne une situation où des individus n’ont pas de logement stable et vivent dans la rue ou dans des hébergements temporaires. Ce problème social touche particulièrement les grandes villes comme Québec, où les ressources pour lutter contre l’exclusion sont limitées. Marchand a exprimé son soutien à cette initiative, tout en soulignant l’importance d’agir concrètement pour améliorer les conditions de vie des personnes concernées.
Bruno Marchand et le Parti québécois (PQ) ne partagent pas la même vision concernant le projet de train à grande vitesse (TGV) proposé par l’entreprise fédérale Alto, qui vise à relier Québec à Toronto. Alors que le PQ s’oppose fermement à ce projet, Marchand a réaffirmé son soutien, affirmant que les déplacements entre les deux villes étaient essentiels, quels que soient les débats politiques sur l’avenir du Québec. Le TGV est un train capable de circuler à plus de 250 km/h, conçu pour réduire les temps de trajet entre les grandes métropoles. Marchand a également rappelé que, malgré les différences politiques, les besoins économiques et pratiques des citoyens devaient primer.
Lors d’une entrevue à Radio-Canada, Bruno Marchand a révélé qu’il avait voté « Oui » lors du référendum sur la souveraineté du Québec en 1995, mais qu’il attendait désormais de voir le projet concret proposé avant de se prononcer à nouveau. La souveraineté du Québec désigne l’idée que la province devienne un État indépendant du Canada. Marchand a précisé qu’il n’avait pas encore pris de décision pour le référendum à venir, contrairement à son vote de 1995. Il a ajouté qu’il répondrait avec franchise une fois le projet présenté. Cette déclaration montre une évolution dans sa position, passant d’un engagement passé à une approche plus pragmatique et conditionnelle pour l’avenir.

