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Généraliste

Ne jamais apprendre

Le Devoir · mis à jour 5 oct.

Je me méfie des idées reçues concernant le 11 Septembre. Je sais que jamais oublier ne suffit pas..

Critique des commémorations

L'auteur remet en question la manière dont les commémorations du 11 septembre sont organisées aux États-Unis. Pour lui, ces événements ne reflètent pas un véritable deuil national, mais plutôt une célébration de la bonté américaine. Il cite notamment les déclarations de la commissaire de la police de New York, Jessica Tisch, qui oppose les terroristes aux héros que seraient les pompiers et policiers morts dans les attentats. L'auteur souligne le caractère commercial et superficiel de ces commémorations, illustré par l'exemple d'un homme portant un t-shirt souvenir des attentats dans les rues de New York, comparant cette attitude à celle d'un individu célébrant une défaite militaire sur un lieu de bataille historique.

Origines du 11 septembre

L'article explique que les attentats du 11 septembre 2001 ne peuvent être réduits à un acte de mal absolu, mais s'inscrivent dans un contexte géopolitique complexe. Oussama ben Laden, fondateur d'al-Qaïda, a été formé et soutenu par les États-Unis dans les années 1980, lors de la guerre contre l'Union soviétique en Afghanistan. Ben Laden est devenu un ennemi des États-Unis après que ceux-ci aient installé des bases militaires en Arabie saoudite en 1990-1991, à moins de 800 kilomètres de La Mecque, un acte perçu comme une profanation par les islamistes radicaux. Les attentats du 11 septembre ont été perpétrés par 15 pirates de l'air saoudiens, mais l'auteur suggère que des financements ou soutiens saoudiens plus larges pourraient être impliqués.

Politique étrangère américaine

L'auteur analyse comment la politique étrangère des États-Unis a contribué à créer les conditions des attentats du 11 septembre. Pendant la guerre froide, les États-Unis ont soutenu des groupes islamistes radicaux en Afghanistan pour combattre l'URSS, sans anticiper les conséquences de cette alliance. Plus tard, l'installation de bases militaires américaines en Arabie saoudite après l'invasion du Koweït par l'Irak en 1990 a provoqué la colère de Ben Laden et des islamistes wahhabites. Cette décision, motivée par des raisons stratégiques, a été perçue comme une provocation religieuse et politique, alimentant le ressentiment contre les États-Unis.

Responsabilités et silences

L'auteur souligne l'absence de débats publics sérieux sur les origines des attentats du 11 septembre, préférant une narration simpliste opposant le bien au mal. Il mentionne les familles des victimes, dont Terry Strada, qui ont tenté de poursuivre le gouvernement saoudien pour son rôle présumé dans les attentats, sans succès en raison des intérêts géopolitiques des États-Unis. L'auteur cite cinq administrations présidentielles américaines ayant entravé ces poursuites. Pour lui, le slogan « Ne jamais oublier » devrait être remplacé par « Ne jamais apprendre », car les causes profondes des attentats restent ignorées ou minimisées.

Ce que ça pourrait changer

L'article critique l'arrogance et l'aveuglement des élites politiques américaines face à la montée de l'islamisme radical. Les décisions prises par des figures comme Colin Powell au Pentagone ont ignoré les risques liés au déploiement de troupes en Arabie saoudite, un pays considéré comme le gardien des lieux saints de l'islam. Les élites ont également sous-estimé la colère des islamistes radicaux, alimentée par des décennies d'interventions américaines au Moyen-Orient. Cette négligence a contribué à créer un terreau favorable pour des groupes comme al-Qaïda et, finalement, aux attentats du 11 septembre.

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