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Pouvons‑nous faire confiance à l’IA pour organiser nos vacances ?

Science & Vie · mis à jour il y a 25 j

« Je vais passer une semaine à Rome en amoureux, trouve-moi cinq hôtels romantiques en centre-ville. » Faites-vous confiance aux IA génératives pour vous aider à organiser vos vacances ? Une nouvelle étude montre les points de résistance à l’utilisation de ces nouvelles technologies..

L'IA comme outil de voyage

Les outils d’intelligence artificielle (IA) générative, comme ChatGPT, sont désormais utilisés pour aider les voyageurs à organiser leurs vacances. Ces systèmes peuvent concevoir des itinéraires, rechercher des destinations, réserver des prestations touristiques ou résoudre des problèmes en temps réel. Par exemple, une étude de Longwoods International en 2023 a révélé que seulement 33 % des voyageurs américains étaient prêts à utiliser ChatGPT pour planifier leurs voyages. Cette adoption limitée s’observe aussi dans d’autres pays comme la Corée du Sud, où les différences culturelles et les attentes en matière de confiance numérique influencent la perception de ces outils. L’IA générative se présente donc comme un compagnon de voyage potentiel, mais son utilisation reste controversée.

Étude sur la méfiance en Iran

Une étude récente menée en Iran a exploré les raisons pour lesquelles de nombreux voyageurs résistent à l’utilisation de l’IA pour organiser leurs vacances. Les chercheurs ont interrogé 22 voyageurs ayant effectué au moins quatre voyages internationaux au cours des trois dernières années. Ces participants ont été recrutés via des agences de voyages spécialisées et des comptes Instagram publics. L’objectif était de comprendre comment les voyageurs perçoivent et réagissent aux conseils générés par l’IA dans leur contexte social et culturel. Cette approche qualitative, basée sur des entretiens semi-structurés, a permis d’identifier des barrières à l’adoption de ces outils, au-delà des simples aspects techniques.

Barrières fonctionnelles de l'IA

Les voyageurs rencontrent plusieurs obstacles pratiques lorsqu’ils utilisent l’IA pour planifier leurs vacances. Premièrement, la barrière d’usage : les interfaces des outils d’IA sont souvent jugées encombrantes ou peu intuitives. Par exemple, ChatGPT peut suggérer un vol, mais ne peut pas le réserver, obligeant l’utilisateur à passer par plusieurs plateformes. Ensuite, la barrière de valeur : les suggestions de l’IA sont parfois perçues comme redondantes ou génériques, offrant peu plus qu’une simple recherche sur Google. Enfin, la barrière de risque est la plus critique : l’IA peut fournir des informations erronées, comme des sites classés par l’UNESCO inexistants ou des règles de visa obsolètes. Un participant a expliqué avoir testé l’IA pour trouver des sites classés par l’UNESCO, mais celle-ci a donné de fausses informations, remettant en cause sa fiabilité pour des données essentielles.

Menace sur l'identité du voyageur

Au-delà des problèmes techniques, l’IA est perçue comme une menace pour l’autonomie et l’identité des voyageurs. Planifier un voyage n’est pas seulement une tâche administrative, mais un processus créatif et personnel, source de fierté. Certains voyageurs voient l’utilisation de l’IA comme une délégation de cette créativité, rendant le voyage moins personnel. De plus, dans certaines cultures, comme en Iran, les conseils de voyage reposent sur des relations humaines et une confiance relationnelle. L’IA, perçue comme froide et impersonnelle, manque de cette authenticité émotionnelle. Par exemple, les voyageurs iraniens préfèrent souvent demander des conseils à un proche ayant déjà visité une destination plutôt qu’à une machine.

Trois profils de résistants

L’étude identifie trois types de voyageurs résistants à l’utilisation de l’IA pour organiser leurs vacances. Les opposants considèrent la planification comme un acte personnel et relationnel, et voient l’IA comme une menace pour leur autonomie. Les temporisateurs ne sont pas opposés à l’IA, mais attendent des preuves de son efficacité avant de l’adopter. Enfin, les leaders d’opinion sont les plus actifs dans leur opposition : ils critiquent ouvertement l’IA, la jugeant biaisée par l’Occident ou culturellement déconnectée, et ne comprenant pas les réalités locales. Ces profils montrent que la résistance à l’IA dans le tourisme est complexe et liée à des valeurs culturelles et personnelles.

Ce que ça pourrait changer

Pour surmonter ces résistances, les développeurs pourraient concevoir des modèles hybrides qui soutiennent, plutôt que remplacent, l’agence humaine. Le voyage est une expérience profondément humaine, ancrée dans les interactions sociales et culturelles. L’IA doit donc respecter ces nuances pour gagner la confiance des voyageurs. Par exemple, combiner les suggestions de l’IA avec des recommandations humaines ou des témoignages d’autres voyageurs pourrait rendre l’outil plus crédible. Jusqu’à présent, beaucoup préfèrent encore discuter avec un ami ou un agent de voyage plutôt que de s’en remettre à une machine pour organiser leurs vacances.

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