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Géopolitique

Au Groenland, la stratégie européenne pour résister à Trump a fini par payer

Le Grand Continent · mis à jour 22 sept.

L’accord entre les États-Unis et le Danemark pourrait mettre un terme au prétentions territoriales du président américain L’article Au Groenland, la stratégie européenne pour résister à Trump a fini par payer est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Contexte historique

L’accord de défense de 1951 entre les États-Unis et le Danemark, signé dans le cadre du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) de 1949, établit la protection militaire du Groenland par les États-Unis. Ce territoire autonome danois, membre de l’OTAN depuis 1949, a toujours été un enjeu stratégique pour la défense de l’Amérique du Nord et de l’Europe. Depuis la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis y ont investi des milliards de dollars pour y maintenir des bases militaires, comme la base spatiale de Pituffik, anciennement Thulé. Cet accord historique a permis une coopération de plus de 80 ans, renforçant la sécurité de la région arctique et de l’OTAN. Cependant, face à l’évolution des menaces et aux tensions géopolitiques, notamment avec l’administration Trump, l’Europe a dû adapter sa stratégie pour préserver ses intérêts dans cette zone stratégique.

Nouvel accord en 2026

En septembre 2026, un nouvel accord trilatéral entre les États-Unis, le Danemark et le Groenland a été signé pour moderniser et compléter l’accord de 1951. Cet accord reconnaît explicitement la souveraineté du Danemark sur le Groenland, tout en réaffirmant le droit à l’autodétermination du peuple groenlandais, comme le prévoit la loi sur l’autonomie du Groenland de 2009. Les parties soulignent leur engagement commun pour la paix et la stabilité dans l’Arctique, tout en adaptant leur coopération aux nouveaux défis, comme l’intensification des activités militaires de la Russie et de la Chine dans la région. L’accord inclut également des mesures pour protéger l’environnement et les modes de vie traditionnels, comme la chasse et la pêche.

Renforcement militaire

Le nouvel accord prévoit le renforcement des capacités militaires américaines au Groenland, avec la modernisation de la base spatiale de Pituffik et l’ajout de deux nouvelles zones de défense à Narsarsuaq et Mestersvig. Les États-Unis pourront également établir d’autres zones de défense si nécessaire, sous réserve d’un accord avec le Danemark et le Groenland. Un système de défense appelé «Golden Dome» est mentionné comme une innovation majeure pour protéger la région. Les marchés liés à ces infrastructures devront, dans la mesure du possible, être attribués à des entreprises locales groenlandaises, avec une mise à jour des Notes diplomatiques de 2020 pour faciliter cette transition.

Accès et souveraineté

L’accord garantit aux États-Unis un accès illimité au territoire groenlandais, y compris ses eaux territoriales, pour leurs forces armées, navires et aéronefs. Ils pourront circuler librement entre les zones de défense, survoler et atterrir partout au Groenland, et utiliser les eaux territoriales sans restriction, sauf accord contraire. Ces droits s’exercent dans le respect des activités traditionnelles groenlandaises, comme la chasse et la pêche. Un comité permanent, créé en 1991, supervisera la mise en œuvre de ces dispositions et organisera des consultations régulières pour résoudre d’éventuels désaccords.

Sécurité et coopération

Les parties s’engagent à coopérer pour sécuriser les zones de défense et prévenir l’espionnage. Le Danemark renforcera sa posture de sécurité dans l’Arctique avec une approche multidomaine, incluant des capacités terrestres, maritimes, aériennes et spatiales. Aucune installation militaire d’un État tiers non membre de l’OTAN ne sera autorisée au Groenland, sauf accord unanime des trois parties. Cet accord marque une étape clé pour l’Europe, qui a su résister aux pressions américaines sous l’administration Trump en adoptant une stratégie commune avec le Danemark et le Groenland.

Ce que ça pourrait changer

Le nouvel accord vise à maximiser les avantages concrets pour la population groenlandaise, notamment en matière de développement économique, d’emplois locaux et de coopération scientifique. Les États-Unis s’engagent à soutenir les entreprises et les projets locaux, tout en respectant les droits économiques, sociaux et culturels des Groenlandais. La réouverture du consulat américain à *Nuuk*, la capitale, symbolise cette volonté de renforcer les liens. L’accord reconnaît également l’importance des activités traditionnelles, comme la chasse et la pêche, dans la vie quotidienne des Groenlandais.

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