Avant de partir pour Vénus, la sonde DAVINCI a traversé l’enfer sur Terre
Le vaisseau de la Nasa DAVINCI doit aller explorer l'atmosphère vénusienne, un environnement particulièrement hostile et dangereux. Pour s'y préparer, un modèle de la sonde a passé six cycles dans un four industriel chauffé jusqu'à 465 degrés Celsius.
La sonde spatiale DAVINCI (Deep Atmosphere Venus Investigation of Noble gases, Chemistry, and Imaging), développée par la Nasa, a pour objectif d'explorer l'atmosphère de Vénus. Sa mission principale consiste à descendre pendant 55 à 60 minutes à travers l'épaisse couche gazeuse de la planète pour analyser sa composition chimique, notamment les gaz nobles, et photographier les tesserae, des formations géologiques accidentées comme celles d'Alpha Regio. Prévue pour un lancement au début des années 2030, cette mission vise à comprendre pourquoi Vénus, si similaire à la Terre à l'origine, est devenue un monde hostile avec une température moyenne de 462 °C au sol.
Vénus est la planète la plus chaude du système solaire, devant Mercure, en raison d'un effet de serre intense causé par une atmosphère composée à 96 % de dioxyde de carbone. La température au sol atteint 462 °C, et la pression y est 90 fois supérieure à celle de la Terre. Les conditions incluent également des vents violents de 360 km/h au sommet des nuages et des pluies d'acide sulfurique qui s'évaporent avant d'atteindre le sol. Ces caractéristiques en font un environnement particulièrement hostile pour les sondes spatiales, nécessitant des préparations rigoureuses.
Pour simuler les conditions extrêmes de Vénus, un modèle d'essai de DAVINCI a été soumis à six cycles de chauffage dans un four industriel à Bedford, en Pennsylvanie, atteignant 465 °C en une heure. Cette température reflète le rythme de chauffage que la sonde subira lors de sa descente. L'opération, supervisée par plus de 100 capteurs thermiques, a permis de tester la résistance des matériaux, notamment une carapace en titane légère et résistante à la corrosion, essentielle pour protéger les instruments scientifiques des nuages d'acide sulfurique.
Les tests thermiques ont été jugés comme un « franc succès » par la Nasa, confirmant la robustesse du modèle d'essai. Cependant, la sonde définitive n'est pas encore construite : la mission attend actuellement le feu vert pour passer à la phase de conception finale et de fabrication. Le lancement est désormais prévu pour décembre 2030. Ces préparatifs visent à garantir que DAVINCI puisse accomplir sa mission malgré les défis posés par l'environnement vénusien.
En analysant les gaz de l'atmosphère vénusienne, DAVINCI pourrait fournir des indices sur l'évolution de Vénus et de la Terre. Les scientifiques espèrent comprendre pourquoi ces deux planètes, initialement similaires, ont divergé pour devenir si différentes. Les données recueillies pourraient également éclairer les mécanismes de l'effet de serre et les processus géologiques à l'œuvre sur Vénus, offrant ainsi des perspectives pour l'étude des exoplanètes.

