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Géopolitique

Une vague de cyberattaques frappe les entreprises au Japon et en Corée du Sud

Courrier International · mis à jour il y a 29 j

Des loueurs de voitures, des chaînes de restaurants, de grandes banques au Japon et en Corée du Sud sont victimes de piratages depuis quelques semaines. Les soupçons se portent sur l’intelligence artificielle, qui aiderait à amplifier les dommages..

Cyberattaques majeures en Asie

Depuis plusieurs semaines, le Japon et la Corée du Sud subissent une série de cyberattaques d’une ampleur inédite. Selon le média économique japonais Nikkei Asia, ces piratages ont exposé des millions de dossiers clients, révélant une augmentation des menaces numériques pour les entreprises asiatiques. Les experts attribuent cette escalade à l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle générative (IA générative), qui permet d’automatiser certaines étapes des attaques et de cibler un plus grand nombre de victimes. Cette technologie, capable de générer du texte, des images ou des codes, est détournée pour rendre les cyberattaques plus efficaces et moins coûteuses en ressources humaines. Les attaques récentes incluent des rançongiciels (ransomware), des logiciels malveillants qui bloquent l’accès aux données d’une entreprise jusqu’au paiement d’une rançon. Les secteurs touchés sont variés : commerce, finance, médias et services. Le Japon et la Corée du Sud figurent désormais parmi les cinq marchés les plus ciblés en Asie-Pacifique, avec respectivement 2 282 et 1 978 incidents recensés entre juin 2025 et juin 2026, représentant 20 % des attaques signalées dans la région.

Entreprises japonaises touchées

Au Japon, plusieurs entreprises ont révélé des failles de sécurité majeures. La société MrMax Holdings, spécialisée dans la vente discount, a annoncé que les données personnelles de 1,73 million de ses clients avaient été compromises. La veille, la banque d’investissement Daiwa Securities a reconnu la fuite de 220 000 fichiers, exposant les données privées de 110 000 clients. Le groupe Nikkei Inc, éditeur du média Nikkei Asia, a également été victime d’un piratage : le compte Microsoft 365 d’un employé a été compromis, permettant l’envoi de 9 000 courriels frauduleux. Enfin, Park24, loueur de voitures, a subi une cyberattaque révélant l’identité et les permis de conduire de 1,5 million de clients, ainsi que les données de 4,15 millions de membres de son système de réservation. Ces incidents illustrent la vulnérabilité croissante des infrastructures numériques japonaises, malgré les mesures de sécurité mises en place.

Banques sud-coréennes piratées

En Corée du Sud, sept établissements financiers, dont les grandes banques Shinhan Bank, KB Kookmin Bank et Hana Bank, ont subi des failles de sécurité. Ces attaques ont soulevé des suspicions quant à l’implication d’une plateforme chinoise d’IA, Artex, dans les cyberattaques. Le président sud-coréen Lee Jae-myung a reconnu que l’IA permet désormais à des personnes sans compétences techniques de mener des cyberattaques facilement. Cette situation reflète une tendance inquiétante : l’automatisation des attaques grâce à l’IA réduit les barrières à l’entrée pour les cybercriminels, rendant les systèmes financiers plus vulnérables. Les autorités sud-coréennes ont appelé à renforcer les mesures de cybersécurité pour contrer cette menace grandissante.

Rôle de l'IA dans les attaques

L’intelligence artificielle générative joue un rôle central dans l’augmentation des cyberattaques en Asie. Cette technologie permet aux pirates d’automatiser des tâches complexes, comme la rédaction de messages frauduleux ou la recherche de failles dans les systèmes informatiques. Par exemple, l’IA peut générer des courriels personnalisés imitant des communications officielles pour tromper les victimes, comme les 9 000 courriels frauduleux envoyés depuis le compte compromis de Nikkei Inc. Elle facilite également le ciblage à grande échelle en analysant des volumes massifs de données pour identifier les faiblesses des infrastructures. Les experts estiment que l’IA réduit les coûts et le temps nécessaires pour mener des attaques, tout en augmentant leur efficacité. Cette démocratisation des outils malveillants pose un défi majeur pour les entreprises et les gouvernements, qui doivent adapter leurs stratégies de défense.

Ce que ça pourrait changer

Les gouvernements japonais et sud-coréen ont réagi à cette vague de cyberattaques en reconnaissant l’urgence de renforcer la cybersécurité. En Corée du Sud, le président *Lee Jae-myung* a souligné que l’IA rend les attaques accessibles à tous, y compris aux personnes sans expertise technique. Au Japon, les entreprises touchées ont dû informer leurs clients des fuites de données, conformément aux réglementations locales. Ces incidents mettent en lumière les défis posés par la digitalisation rapide des économies asiatiques, où les infrastructures critiques deviennent des cibles privilégiées. Les experts soulignent la nécessité d’investir dans des solutions de sécurité avancées, comme l’**analyse comportementale** (*behavioral analytics*), pour détecter les activités suspectes en temps réel. La coopération internationale, notamment avec des pays comme la Chine, est également évoquée pour traquer les origines de ces attaques.

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