À 1850 mètres d'altitude, un champ de neige découvert sur l'Etna : la neige hivernale persiste en été sur le versant nord-est du volcan
Les chaleurs de l'été n'ont pas fait fondre toute la neige sur l'Etna, qui subsiste à 1 850 mètres d'altitude. Une couche de cendre volcanique, assez épaisse pour isoler, l'aurait protégée du soleil..
Un champ de neige a été observé à 1850 mètres d’altitude sur le versant nord-est de l’Etna, un volcan actif situé en Sicile (Italie). Contrairement à la plupart des zones enneigées qui fondent avec l’arrivée des températures estivales, cette étendue de neige a résisté à la chaleur de l’été 2026. Ce phénomène s’explique par l’altitude élevée et l’ombre permanente que projette la paroi du volcan, limitant l’exposition directe aux rayons du soleil. L’Etna, qui culmine à 3329 mètres, abrite plusieurs zones où la neige peut persister toute l’année, notamment dans les cratères et sur les versants nord, moins exposés au soleil. Les scientifiques soulignent que cette persistance est rare à cette altitude et pourrait être liée à des conditions météorologiques exceptionnelles ou à des microclimats locaux.
Le versant nord-est de l’Etna présente des caractéristiques géographiques uniques qui favorisent la conservation de la neige en été. Contrairement aux versants sud ou ouest, plus exposés au rayonnement solaire, le nord-est est protégé par la topographie du volcan. Les parois rocheuses et les reliefs environnants créent une zone d’ombre permanente, réduisant ainsi la quantité d’énergie solaire reçue. De plus, l’altitude de 1850 mètres limite les températures estivales, qui restent souvent inférieures à 10°C même en plein été. Les experts rappellent que ce phénomène n’est pas isolé : d’autres volcans, comme le Kilimandjaro en Tanzanie, abritent également des neiges persistantes à des altitudes comparables.
La neige observée en été sur l’Etna provient des chutes de neige hivernales, accumulées entre décembre et mars. Ces précipitations sont fréquentes sur les sommets des volcans méditerranéens en raison de leur altitude élevée et de leur position géographique. Les masses d’air humide en provenance de la mer Tyrrhénienne se heurtent aux pentes du volcan, provoquant des chutes de neige abondantes. Une fois déposée, cette neige peut persister plusieurs mois, voire plusieurs années, en fonction des conditions météorologiques et de l’ensoleillement. Les scientifiques précisent que cette accumulation hivernale est essentielle pour alimenter les glaciers et les champs de neige des volcans actifs.
Le réchauffement climatique exerce une pression croissante sur les neiges persistantes des montagnes et des volcans. Avec l’augmentation des températures moyennes, les périodes de fonte s’allongent et les chutes de neige hivernales deviennent moins abondantes. Cependant, l’Etna semble résister partiellement à cette tendance grâce à son altitude et à ses microclimats locaux. Les chercheurs surveillent attentivement ces zones pour évaluer l’impact du changement climatique sur les écosystèmes d’altitude. Une disparition progressive de ces neiges persistantes pourrait avoir des conséquences sur la biodiversité, les ressources en eau et les activités touristiques locales.
La découverte de ce champ de neige à 1850 mètres d’altitude est considérée comme une observation scientifique rare, car elle illustre la résilience des écosystèmes d’altitude face aux changements climatiques. Les géologues et les climatologues étudient ce phénomène pour mieux comprendre les mécanismes de conservation de la neige dans des environnements extrêmes. Cette persistance hivernale en été pourrait également servir de référence pour évaluer l’évolution des neiges persistantes dans d’autres régions du monde. Les scientifiques rappellent que l’Etna, avec ses 3329 mètres d’altitude, offre un terrain d’étude privilégié pour observer les interactions entre volcanisme, climat et environnement.

