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Pluies d’étoiles filantes à l’horizon

Le Devoir · mis à jour il y a 28 j

Dans la nuit de jeudi à vendredi, les Draconides strieront un ciel obscurci par l’absence de la Lune..

Pluies d’étoiles filantes

Les étoiles filantes sont en réalité des météores, des phénomènes lumineux visibles dans le ciel nocturne. Ils se produisent lorsque des débris spatiaux, souvent issus de comètes ou d’astéroïdes, pénètrent dans l’atmosphère terrestre à très haute vitesse. Leur friction avec l’air génère une chaleur intense, rendant les gaz atmosphériques visibles sous forme de traînées lumineuses. Chaque année, la Terre traverse plusieurs essaims de débris laissés par ces corps célestes, créant des pluies d’étoiles filantes à des périodes précises. Ces événements sont nommés d’après la constellation d’où semblent provenir les météores, comme les Draconides (constellation du Dragon) ou les Géminides (constellation des Gémeaux).

Draconides en octobre

La pluie de Draconides est un phénomène annuel qui atteint son pic dans la nuit du 8 au 9 octobre 2020. Cette année, les conditions d’observation sont favorables car la Lune, sous forme d’un mince croissant, ne se lève qu’à 4 heures le matin du 9 octobre, limitant la pollution lumineuse. Environ 5 météores par heure pourront être observés, un nombre modeste comparé à d’autres pluies. Les Draconides proviennent de la comète Giacobini-Zinner, dont les débris croisent l’orbite terrestre. En 2011 et 2018, des pics exceptionnels avaient été enregistrés avec des centaines de météores par heure, mais cette année, l’activité reste modérée. Pour les observer, il suffit de regarder le ciel en direction de la constellation du Dragon après le crépuscule.

Orionides et comète de Halley

Les Orionides sont une autre pluie d’étoiles filantes, active chaque année autour du 22 octobre. Leur origine remonte à la comète de Halley, dont les passages près du Soleil, tous les 74 ans, ont laissé des débris il y a 5 000 ans. Lorsque la Terre traverse cette traînée de poussières, environ 20 à 30 Orionides par heure peuvent être visibles dans un ciel dégagé de pollution lumineuse. Contrairement aux Draconides, les Orionides sont plus nombreuses et leur pic d’activité survient tard dans la nuit, vers 4 heures du matin. Leur nom vient de la constellation d’Orion, d’où semblent émaner les météores. Leur luminosité dépend de la taille et de la vitesse des débris, qui chauffent l’atmosphère en pénétrant à une vitesse d’environ 66 km/s.

Géminides : spectacle de décembre

Les Géminides, actives dans la nuit du 13 au 14 décembre, sont considérées comme la pluie d’étoiles filantes la plus spectaculaire de l’année. Elles produisent jusqu’à 150 météores par heure, soit 50 de plus que les célèbres Perséides. Contrairement à la plupart des pluies, les Géminides ne proviennent pas d’une comète mais d’un astéroïde nommé Phaéton, qui laisse derrière lui des débris rocheux. Leur luminosité est généralement plus élevée, car les particules sont plus denses et pénètrent l’atmosphère à une vitesse d’environ 35 km/s. Leur nom vient de la constellation des Gémeaux. Bien que les conditions météo hivernales puissent rendre l’observation difficile, leur nombre élevé et leur brillance en font un événement prisé des astronomes amateurs.

Origine des débris spatiaux

Les débris responsables des pluies d’étoiles filantes proviennent principalement de deux types d’objets célestes : les comètes et les astéroïdes. Les comètes sont des corps glacés composés de poussière, de roches et de gaz, dont l’orbite autour du Soleil est souvent très allongée. Lorsqu’elles s’approchent de notre étoile, la chaleur fait fondre leur surface, libérant des particules qui forment une traînée de débris. Les astéroïdes, en revanche, sont des roches spatiales sans glace. Leur fragmentation peut aussi créer des essaims de débris. Ces particules, une fois éjectées, continuent d’orbiter autour du Soleil mais sont progressivement ralenties par le vent solaire (un flux de particules émises par le Soleil) et la pression de radiation. Leur trajectoire peut ainsi dévier légèrement au fil des siècles.

Observation et conditions idéales

Pour observer une pluie d’étoiles filantes, il est recommandé de s’éloigner des zones de pollution lumineuse, comme les villes, et de choisir une nuit sans Lune ou avec un croissant lunaire peu visible. Les météores peuvent apparaître n’importe où dans le ciel, mais leur trajectoire semble provenir d’un point précis appelé le radiant, lié à la constellation éponyme. Par exemple, pour les Draconides, il faut regarder vers la constellation du Dragon. Les conditions idéales incluent un ciel dégagé et une absence de nuages. Maxime Pivin Lapointe, éducateur scientifique au Planétarium de Montréal, souligne que même en dehors des pluies annuelles, il est possible de voir 2 à 10 météores par heure lors d’une nuit claire. Les pluies majeures offrent simplement une densité accrue de ces phénomènes.

Ce que ça pourrait changer

Les chercheurs comme **Auriane Egal**, du Planétarium de Montréal, étudient la trajectoire des essaims de débris pour prédire leur densité et leur impact potentiel sur les satellites ou la Station spatiale internationale. Ces modèles permettent d’anticiper les risques de collisions avec des débris spatiaux. Maxime Pivin Lapointe, concepteur au même planétarium, travaille notamment sur un film dédié aux Perséides, prévu pour l’automne suivant. Ces travaux combinent astronomie et modélisation informatique pour mieux comprendre l’évolution des débris dans le système solaire. Leur objectif est double : améliorer la sécurité spatiale et enrichir les connaissances sur la dynamique des petits corps célestes.

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