Naufrages au large de la Mauritanie : 144 morts ou disparus
Au moins 144 réfugiés et migrants sont morts ou portés disparus en mer après plusieurs naufrages survenus la semaine dernière au large de la Mauritanie, a indiqué mardi le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Pour l'agence onusienne, ces drames illustrent une nouvelle fois « le coût humain de ces routes migratoires périlleuses » entre l'Afrique de l'Ouest et l'Europe..
Au moins 144 réfugiés et migrants sont morts ou portés disparus en mer au large de la Mauritanie après plusieurs naufrages survenus entre le 14 et le 18 juillet 2026. Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), ces drames illustrent les dangers extrêmes des routes migratoires entre l'Afrique de l'Ouest et l'Europe. Parmi les victimes, 143 personnes provenaient d'une seule embarcation partie de Bufalo, en Gambie, avec pour destination l'Espagne. Seuls 38 passagers de ce bateau ont survécu après une dérive de près de vingt-cinq jours sur l'océan Atlantique. Un autre décès a été signalé parmi les passagers d'une embarcation débarquée le 14 juillet. Ces chiffres montrent l'ampleur des pertes humaines sur cette route migratoire, considérée comme l'une des plus meurtrières au monde.
La route maritime reliant l'Afrique de l'Ouest aux îles Canaries, en Espagne, est l'une des voies migratoires les plus dangereuses au monde. Selon le HCR, les longues distances à parcourir, les conditions océaniques imprévisibles, les embarcations surchargées et peu sûres, ainsi que les difficultés à accéder rapidement à des secours expliquent cette dangerosité extrême. Entre le 14 et le 18 juillet 2026, trois opérations de sauvetage menées à Nouadhibou, en Mauritanie, ont permis de sauver 387 personnes. Ces survivants provenaient de plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest. Malgré une baisse de 61 % des arrivées aux Canaries par rapport à 2025 (4 400 arrivées enregistrées au 15 juillet 2026), les risques restent élevés pour ceux qui tentent la traversée.
Depuis le début de l'année 2026, 17 opérations de débarquement ont été enregistrées à Nouadhibou et Nouakchott, en Mauritanie, permettant de secourir 2 147 personnes. Ces sauvetages montrent l'importance des interventions humanitaires pour limiter les pertes humaines. Cependant, de nombreux naufrages se produisent loin des zones de surveillance, entraînant souvent la disparition totale des bateaux et de leurs passagers. Le HCR souligne que ces tragédies rappellent la nécessité d'agir sur les causes profondes de ces migrations dangereuses, comme les conflits, la pauvreté ou l'absence de perspectives économiques.
Pour réduire les risques encourus par les migrants et réfugiés, le HCR plaide pour le développement de voies légales et sûres vers l'Europe. Cela inclut l'augmentation des quotas de réinstallation pour les réfugiés, la création de davantage d'opportunités d'emploi dans les pays d'origine, et le renforcement des parcours éducatifs. Ces alternatives permettraient d'éviter les traversées maritimes périlleuses. Le porte-parole du HCR, Matthew Saltmarsh, insiste sur la nécessité d'une réponse coordonnée pour s'attaquer aux causes profondes de ces migrations, tout en soulignant que les efforts actuels de sauvetage restent indispensables.

