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Gallimard passera ses manuscrits au détecteur d’IA

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 13 j

Flammarion, les Éditions P.O.L et les Éditions de Minuit sont également concernées..

Madrigall impose détecteurs IA

À partir de 2027, les manuscrits reçus par les maisons d’édition du groupe Madrigall, dont les prestigieuses Éditions Gallimard, devront être analysés par un détecteur d’intelligence artificielle (IA)*. Cette décision a été annoncée par Antoine Gallimard, président du groupe, dans un courriel adressé aux éditeurs le 2024. Madrigall, acteur majeur de l’édition francophone, possède plusieurs marques emblématiques comme Flammarion, Casterman, J’ai lu, Denoël ou encore les Éditions de Minuit. Le groupe, fondé en 1911 par Gaston Gallimard, est aujourd’hui dirigé par son petit-fils, Antoine Gallimard. L’objectif de cette mesure est de vérifier que les textes soumis ne sont pas générés ou fortement modifiés par des outils d’IA, une pratique devenue courante mais controversée dans le milieu littéraire. Aucun détail n’a encore été communiqué sur l’outil spécifique qui sera utilisé pour ces analyses.

Certifications 100% humain

Face à la montée des controverses autour de l’utilisation de l’IA dans la création littéraire, plusieurs initiatives visent à certifier que les livres sont bien l’œuvre exclusive d’humains. Par exemple, les Éditions de l'Observatoire ont lancé en septembre 2024 une étiquette appelée Sanctuaire, qui garantit qu’un livre n’a pas été écrit avec l’aide d’une IA générative. Cette certification est formalisée par un engagement de l’auteur, qui promet de ne pas utiliser d’IA dans le processus de création, de la rumination (réflexion préalable) à l’écriture finale. Le premier livre bénéficiant de cette étiquette est Consonno, écrit par Gaspard Koenig. Cette démarche s’inscrit dans un contexte où l’affaire Thélyson Orélien, un auteur accusé d’avoir utilisé l’IA pour écrire un roman, a provoqué un débat international sur l’éthique et la transparence dans l’édition.

Réactions au Québec

Au Québec, la question de la détection de l’IA dans les manuscrits est également débattue, mais aucune solution n’a encore été adoptée. Geneviève Pigeon, présidente de l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) et directrice générale de la maison d’édition L’instant même, explique que les éditeurs québécois hésitent à recourir à des outils comme Pangram, un détecteur d’IA basé sur l’intelligence artificielle. Elle souligne un paradoxe : utiliser un outil d’IA pour certifier qu’un livre n’a pas été écrit avec de l’IA revient à cautionner un système qui, selon elle, a pu « piller » des œuvres existantes pour fonctionner. Elle compare cette situation à une garantie du type : « Je vous assure que je n’ai pas volé pour écrire ce livre, mais pour vous le prouver, j’ai utilisé un outil volé ». Les discussions se poursuivent pour trouver une alternative acceptable.

Ce que ça pourrait changer

L’adoption de détecteurs d’IA par les éditeurs s’inscrit dans un contexte plus large de remises en question des usages de l’intelligence artificielle dans la création artistique. L’affaire Thélyson Orélien, où un auteur a été accusé d’avoir utilisé l’IA pour rédiger un roman primé, a servi de catalyseur à ces débats. En France, le groupe Madrigall, avec ses 11 marques d’édition, représente un poids lourd du secteur, ce qui donne une portée significative à sa décision. Au Québec, les éditeurs restent prudents, privilégiant des discussions internes plutôt que des outils automatisés, jugés problématiques sur le plan éthique. Ces initiatives reflètent une volonté croissante de transparence et de préservation de l’intégrité de la création littéraire, tout en naviguant dans un paysage technologique en rapide évolution.

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