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Running : ce que les robots humanoïdes révèlent des limites de la vitesse humaine

Presse-Citron · mis à jour 6 sept.

Anatomie, cadence et fin de course spectaculaire : décryptage d’une prouesse inédite qui met en lumière les limites du corps humain..

Record battu par un robot

Lors des Jeux mondiaux de robots humanoïdes à Pékin en 2026, le modèle chinois Tiangong Ultra a établi un nouveau record du monde sur 100 mètres en 8,64 secondes, battant ainsi le précédent record détenu par Usain Bolt depuis 2009 (9,58 secondes). Cette performance illustre les progrès rapides des robots humanoïdes, capables de performances physiques impressionnantes. Cependant, ce record met aussi en lumière les différences fondamentales entre la mécanique biologique humaine et les capacités des machines. Le robot, contrairement à un athlète humain, ne peut pas réagir instantanément au signal de départ en raison du temps de traitement de ses capteurs, ce qui lui fait perdre environ une seconde au départ.

Départ : l'avantage humain

Sur les cinq premiers mètres de la course, un sprinteur humain comme Usain Bolt conserve un net avantage grâce à sa capacité à réagir rapidement au coup de pistolet de départ. Bolt avait un temps de réaction de 0,146 seconde, lui permettant de profiter de la poussée horizontale pour projeter son corps vers l'avant dès les premiers instants. Cette phase d'accélération immédiate est rendue possible par la mécanique biologique des muscles et des tendons humains, qui permettent une impulsion explosive. Le robot, en revanche, démarre en position debout et rigide, sans la capacité d'exploser dès le départ, ce qui lui fait perdre un temps précieux.

Foulées : amplitude vs cadence

Une fois la phase d'accélération terminée, les stratégies de course de l'humain et du robot divergent radicalement. Usain Bolt a bâti son record sur une amplitude exceptionnelle de foulées : il n'a eu besoin que de 41 pas pour parcourir les 100 mètres. Cette grande amplitude repose sur l'élasticité des tendons et des muscles humains, qui absorbent l'impact au sol et restituent l'énergie pour allonger la trajectoire. Le robot, lui, mise sur une cadence extrême, effectuant plus de 50 pas sur la même distance. Ses moteurs électriques entraînent directement ses articulations sans souplesse musculaire, lui permettant d'enchaîner des petits pas d'une rapidité surhumaine, à une fréquence de mouvement bien supérieure à celle d'un humain.

Fin de course : fatigue vs précision

Les 20 derniers mètres de la course révèlent une autre différence majeure entre l'humain et le robot. Un sprinteur humain, même au sommet de sa forme, subit inévitablement une fatigue musculaire qui le force à ralentir légèrement avant la ligne d'arrivée. Cette fatigue est due à l'accumulation de l'acide lactique dans les muscles, un phénomène biologique qui limite la performance sur la durée. Le robot, affranchi de ces contraintes biologiques, conserve une vitesse maximale constante de près de 42 kilomètres par heure du milieu de piste jusqu'au bout. Cependant, cette supériorité mécanique a un revers : le robot manque de perception et de décision pour anticiper la fin de la course ou adapter sa trajectoire. Il termine donc sa course à pleine vitesse en s'encastrant dans un mur rembourré, incapable de freiner ou de s'arrêter de manière contrôlée.

Ce que ça pourrait changer

Cette démonstration met en évidence les principales limites actuelles des robots humanoïdes en matière de course. Leur vitesse et leur endurance surpassent celles des humains sur la majeure partie de la course, mais leur manque d'intelligence contextuelle et de capacité d'adaptation les rend incapables de gérer des situations imprévues ou de moduler leur effort. Contrairement à un athlète humain, qui peut ajuster sa trajectoire, anticiper un virage ou ralentir en fin de course, le robot agit de manière rigide et préprogrammée. Cette rigidité illustre le fossé qui reste à combler pour que les robots humanoïdes puissent rivaliser pleinement avec les capacités motrices et cognitives des êtres humains.

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