Kiev accuse Moscou de «saccager» la capitale ukrainienne, paralysée après de nouvelles frappes
Des frappes nocturnes russes sur un pont majeur ont entraîné de gigantesques embouteillages..
Dans la nuit du 2 octobre 2026, la Russie a mené des frappes aériennes nocturnes sur le pont Sud de Kiev, un ouvrage majeur enjambant le fleuve Dniepr. Ce pont, qui supporte également une ligne de métro, a été touché par des drones russes avant d'être de nouveau bombardé à plusieurs reprises pendant la nuit. Selon les autorités ukrainiennes, il s'agit des premières attaques importantes contre un pont majeur de Kiev depuis le début de l'invasion russe en 2022. Le pont a ensuite été entièrement fermé à la circulation, tandis que deux autres ponts majeurs de la ville, les ponts Paton et Métro, ont vu leur trafic limité. Ces restrictions ont provoqué d'énormes embouteillages dans une ville de 3 millions d'habitants, très dépendante de ses huit ponts pour ses déplacements et sa logistique.
Le maire de Kiev, Vitaly Klitschko, a accusé la Russie de « saccager » la capitale ukrainienne en ciblant systématiquement ses infrastructures civiles. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré dans une interview au Financial Times que Moscou agissait « sans plus aucune règle » en visant des cibles civiles comme des hôpitaux, des écoles, des jardins d'enfants, des centres de données, Internet, le réseau de téléphonie mobile et des habitations. Selon lui, ces attaques visent à pousser la population à fuir les villes. Dans la nuit de jeudi à vendredi, la Russie a lancé plus de 100 drones, dont près de 50 drones à réaction (plus rapides et difficiles à intercepter), selon l'armée ukrainienne. Un immeuble résidentiel a été touché, causant la mort d'une personne lors de l'intervention des pompiers.
Les restrictions sur les ponts ont plongé Kiev dans un chaos routier, avec des kilomètres de bouchons signalés en milieu d'après-midi. Des habitants comme Tetiana Ossypenko, une couturière de 49 ans, ont décrit des tentatives infructueuses de traverser la ville, bloquées pendant trois heures. L'ambassadrice de l'Union européenne à Kiev, Katarina Mathernova, a souligné le quotidien difficile des habitants, qui doivent malgré tout emmener leurs enfants à l'école ou se rendre au travail. Les sirènes d'alerte aérienne retentissent sans cesse à Kiev, reflétant l'intensification des frappes à longue portée des deux camps ces derniers mois, qui font un nombre croissant de victimes civiles.
L'Ukraine a riposté en ciblant des infrastructures russes, notamment des raffineries, des dépôts de pétrole, des entrepôts commerciaux et des navires cargos en mer Noire. Le président Zelensky a annoncé que l'Ukraine avait utilisé pour la première fois le missile balistique tactique *FP-7*, de fabrication nationale. Cependant, l'Ukraine manque de moyens antiaériens efficaces contre les missiles balistiques, très difficiles à intercepter, et contre les drones à réaction. Les avions de combat *F-16*, fournis par des alliés, se montrent utiles contre ces drones, mais environ la moitié de la flotte est en maintenance en Europe, limitant leur disponibilité opérationnelle.

