L’indépendantiste catalan Carles Puigdemont peut revenir en Espagne, son mandat d’arrêt est levé
Il a fui vers la Belgique il y a neuf ans, après que la Catalogne a déclaré son indépendance..
Le Tribunal suprême espagnol a levé le mandat d’arrêt international qui visait Carles Puigdemont, leader indépendantiste catalan, après neuf ans de fuite en Belgique. Ce mandat était lié à la tentative de sécession de la Catalogne en 2017. La levée de cette mesure intervient grâce à la validation par le Tribunal constitutionnel d’une loi d’amnistie adoptée en mai 2024, qui couvre désormais même les poursuites pour détournement de fonds publics, un délit qui bloquait jusqu’ici son retour. Cette décision judiciaire a été annoncée au lendemain de la convocation d’élections anticipées en Espagne pour fin novembre 2025. Puigdemont, député européen, peut désormais rentrer librement en Espagne sans risque d’arrestation, une perspective saluée par le Premier ministre Pedro Sánchez comme une étape vers la réconciliation en Catalogne.
La levée du mandat d’arrêt de Puigdemont s’inscrit dans un contexte politique marqué par une alliance fragile entre le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez et les partis indépendantistes catalans. En novembre 2023, Sánchez a été reconduit à la tête du gouvernement grâce au soutien des députés de Junts per Catalunya, le parti de Puigdemont. En échange de ce soutien, Sánchez a fait adopter une loi d’amnistie en mai 2024, permettant d’effacer les poursuites judiciaires liées à la crise indépendantiste catalane de 2017. Cette loi, très controversée, a suscité des débats intenses en Espagne, notamment au sein de l’opposition de droite (Parti populaire), qui la qualifie de tromperie et de vente de faveurs politiques. Le Tribunal suprême avait d’abord exclu son application pour les cas de détournement de fonds, avant que le Tribunal constitutionnel ne valide son extension en juillet 2025.
En octobre 2017, la Catalogne, région riche du nord-est de l’Espagne, a connu une crise institutionnelle majeure lorsque son Parlement a proclamé unilatéralement son indépendance, en opposition à Madrid. Carles Puigdemont, alors président de la Généralité de Catalogne (gouvernement régional), a fui vers la Belgique quelques jours plus tard pour éviter une arrestation, comme plusieurs autres membres de son gouvernement. Cette tentative de sécession avait provoqué une forte tension avec le gouvernement espagnol, qui avait réprimé les mouvements indépendantistes et engagé des poursuites judiciaires. Puigdemont est resté en Belgique depuis, ne revenant en Espagne que brièvement en 2024 pour une visite éclair. La levée de son mandat d’arrêt marque un tournant dans cette crise, bien que les tensions politiques et sociales persistent en Catalogne.
La décision de lever le mandat d’arrêt de Puigdemont a suscité des réactions contrastées en Espagne. Pedro Sánchez, Premier ministre, s’est félicité de cette nouvelle, la présentant comme une avancée vers la *réconciliation* et l’avenir pour la Catalogne. Il a souligné que cette mesure répondait à une demande de la société catalane, qui réclamait depuis des années la fin des poursuites judiciaires. À l’inverse, l’opposition de droite, menée par le Parti populaire, a critiqué la *loi d’amnistie*, la qualifiant de *tromperie* et d’outil politique pour conserver le pouvoir. Puigdemont, depuis sa résidence près de Bruxelles, a annoncé qu’il s’exprimerait pour préciser les modalités de son retour en Espagne. Son retour pourrait relancer les débats sur l’autonomie catalane et la gestion des tensions politiques dans cette région.

