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Généraliste

Du soutien à la hauteur de l’urgence

Le Devoir · mis à jour il y a 28 j

La banalisation des violences sexuelles gagne les écoles. Les solutions existent, mais le financement manque..

Violences sexuelles à Cornell

En octobre 2024, une jeune femme surnommée Jane Doe a porté plainte contre sept hommes qu’elle accuse d’un viol collectif survenu dans une fraternité de l’Université Cornell, aux États-Unis. Elle les poursuit également, ainsi que l’université, l’accusant de ne pas l’avoir protégée. L’affaire a déclenché une enquête indépendante et la nomination d’une procureure spéciale par la gouverneure de l’État de New York. Les accusés nient les faits et aucune accusation criminelle n’a encore été déposée. L’enquête révèle que les premiers enquêteurs auraient mal travaillé et que les sanctions contre les accusés ont été inégales, allant de l’expulsion à une simple dissertation. Cette affaire illustre la banalisation des violences sexuelles dans les milieux étudiants, où des groupes privés organisent des activités dégradantes sous des termes comme free pussy, incitant à des agressions sexuelles en groupe.

Montée du masculinisme à l'école

Une étude de l’UQAM, menée par le chercheur Francis Dupuis-Déri pour la Fédération autonome de l’enseignement, a révélé la montée de discours masculinistes, misogynes, homophobes et transphobes dans les écoles québécoises. Ces discours, souvent propagés via les réseaux sociaux, séduisent une minorité de garçons et normalisent des idées comme l’inégalité entre les sexes. En septembre 2026, un directeur d’organisme spécialisé, Rafaël Provost, a rapporté avoir été contacté par des enseignants d’une école secondaire découvrant une pétition signée par des garçons demandant la légalisation du viol. Bien que cette pétition n’ait pas été officiellement confirmée, elle reflète l’ampleur de la radicalisation de certains jeunes. Ces comportements s’inscrivent dans une tendance plus large de banalisation des violences sexuelles, où l’absence de condamnation publique favorise leur normalisation.

Conséquences de l'inaction

La banalisation des violences sexuelles, notamment celles perpétrées contre les femmes, a des conséquences graves. L’article cite l’exemple du procès des viols de Mazan, où l’absence de réaction précoce a permis la perpétration de violences extrêmes. Au Québec, Rafaël Provost, directeur de l’organisme Ensemble pour le respect de la diversité, reçoit un nombre croissant de demandes d’ateliers de sensibilisation dans les écoles. Cependant, faute de financement suffisant de la part du gouvernement, son organisme ne peut répondre à toutes les demandes. La prévention en milieu scolaire et la sensibilisation familiale, notamment auprès des garçons, sont essentielles pour briser ce cycle de violence. Pourtant, ces mesures restent insuffisamment soutenues financièrement.

Exemples internationaux

Plusieurs pays ont mis en place des mesures pour lutter contre la montée du masculinisme et des violences sexuelles. En Angleterre, de nouvelles lignes directrices en éducation à la sexualité, obligatoires depuis septembre 2026, ciblent explicitement la manosphère (ensemble des mouvements masculinistes en ligne) et la culture incel (célibataires involontaires, souvent misogynes). Le gouvernement britannique a également alloué 20 millions de livres sterling pour la prévention en milieu scolaire, notamment pour former les enseignants à repérer les premiers signes de misogynie chez les élèves. En France, un programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle est obligatoire depuis 2025, mais son financement reste flou. Le Sénat français a adopté 24 recommandations en juin 2026 pour faire du masculinisme un enjeu de politique publique, proposant de s’inspirer du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence de Montréal.

Ce que ça pourrait changer

Malgré des initiatives prometteuses, le Québec accuse un retard en matière de financement pour lutter contre le masculinisme et les violences sexuelles. Le Québec sert pourtant de modèle à l’étranger, comme en témoignent les recommandations du Sénat français. Pourtant, les organismes locaux comme Ensemble pour le respect de la diversité peinent à répondre à la demande croissante d’ateliers dans les écoles, faute de soutien gouvernemental suffisant. L’article souligne que le financement public est un élément clé pour permettre une prévention efficace dès le plus jeune âge et une sensibilisation adaptée en famille. Sans un engagement financier à la hauteur de l’urgence, les violences sexuelles continueront de se banaliser dans les établissements scolaires.

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