Comment Xi Jinping a pris l'avantage sur Donald Trump
Donald Trump accueille cette semaine Xi Jinping à la Maison-Blanche. Si la Chine a longtemps caressé le président américain dans le sens du poil, cette époque semble désormais révolue..
Donald Trump et Xi Jinping se rencontrent à New York le 24 septembre 2026, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies. Ce sommet intervient dans un contexte où Trump, sous pression pour la guerre en Iran et la baisse du pouvoir d'achat, craint une défaite aux élections de mi-mandat de novembre 2026. Xi Jinping cherche à prolonger une trêve commerciale signée en 2025, limitant les droits de douane entre les deux pays. Trump, dont l'économie américaine dépend des importations chinoises, ne peut se permettre une nouvelle guerre commerciale sans risquer d'aggraver la situation des consommateurs. Selon Jonathan Czin, chercheur à la Brookings Institution et ancien analyste de la CIA, chaque rencontre entre les deux dirigeants depuis 2025 aurait renforcé l'idée chez Xi que Trump dirige une Amérique à la fois dangereuse et en déclin.
Xi Jinping adopte une approche tactique pour éviter les tensions avec les États-Unis. Lors de cette rencontre, il évite délibérément les sujets sensibles comme le statut de Taïwan ou la course à l'intelligence artificielle (IA). Pour Suisheng Zhao, spécialiste des politiques chinoises à l'université de Denver, Xi voit en Trump une opportunité pour la Chine. Sa priorité actuelle est de gagner du temps, une stratégie qui lui permet de renforcer son économie affaiblie par plusieurs crises : un secteur immobilier en difficulté, un taux de chômage des jeunes en hausse et une surproduction industrielle. Ce délai sert aussi à reconstituer les rangs de l'armée chinoise, purgée début 2026 pour corruption et manque de loyauté. Depuis 2025, la Chine a riposté aux hausses de droits de douane américains en imposant des taxes élevées sur les produits américains, forçant Washington à reculer sur des restrictions comme celles concernant les terres rares.
Xi Jinping défend une vision des relations internationales appelée la «stabilité stratégique constructive». Selon cette approche, les grandes puissances comme les États-Unis et la Chine devraient limiter leur concurrence pour éviter les conflits. Cette formule a été utilisée en juillet 2026 pour demander le retrait des restrictions américaines sur les robots humanoïdes. La Chine pourrait l'appliquer à d'autres domaines, comme les puces électroniques ou les ventes d'armes à Taïwan. Cependant, Jonathan Czin souligne que cette stratégie est plus tactique qu'autre chose, et donc instable. La trêve commerciale actuelle, par exemple, n'est pas considérée comme constructive car elle ne s'accompagne pas de progrès dans les relations diplomatiques. Depuis mai 2026, date de la visite de Trump à Pékin, Xi Jinping semble croire que des sommets médiatisés et riches en annonces plaisent à Washington, même s'ils ne résolvent pas les problèmes de fond.
Les relations entre les États-Unis et la Chine ont connu un tournant en 2025. En 2018, Xi Jinping avait adopté une attitude conciliante envers Trump en acceptant d'acheter pour 200 milliards de dollars de biens et services américains supplémentaires pour réduire le déficit commercial. Cependant, en 2025, la Chine a réagi aux augmentations des droits de douane américains en imposant des taxes exorbitantes sur les produits américains. Cette stratégie a forcé les États-Unis à céder sur des sujets comme l'exportation des terres rares. Depuis, les deux dirigeants se sont rencontrés à cinq reprises en un an, un rythme inédit. Xi Jinping utilise ces rencontres pour renforcer son image d'homme d'État international, tout en évitant de s'engager sur des questions épineuses comme la sécurité liée à l'IA ou les déséquilibres commerciaux.

