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Géopolitique

La Pologne se révolte contre “l’arnaque napolitaine” aux plaques d’immatriculation

Courrier International · mis à jour il y a 7 h

Ces dernières années, le nombre de véhicules immatriculés en Pologne a explosé à Naples, où il s’élèverait à plusieurs dizaines de milliers de voitures et de motos. Ce n’est pas le fait d’un soudain afflux de migrants, mais d’une arnaque à l’assurance, explique la presse italienne.

Une arnaque à l'assurance

Depuis quelques années, une pratique frauduleuse s'est développée à Naples, en Italie, où des milliers de véhicules sont immatriculés en Pologne plutôt qu'en Italie. Cette astuce permet aux propriétaires de payer des assurances bien moins chères qu'en Italie. À Naples, le coût moyen d'une assurance obligatoire pour un scooter peut atteindre 2 000 euros par an, alors qu'en Pologne, il varie entre 600 et 800 euros la première année, puis descend à 350 euros les années suivantes. Cette différence s'explique par des tarifs d'assurance plus bas en Pologne, mais aussi par une fraude aux assurances : les propriétaires de ces véhicules, souvent des scooters, déclarent des accidents fictifs ou exagérés pour toucher des indemnités indûment. Les assureurs italiens, qui doivent couvrir ces véhicules, subissent des pertes financières importantes.

Naples, ville la plus chère

Naples est souvent citée comme la ville italienne où les assurances automobiles sont les plus chères, malgré un taux d'accidents de la route inférieur à d'autres régions. En 2025, 14 066 plaques polonaises ont été recensées à Naples, un chiffre qui illustre l'ampleur du phénomène. Les conducteurs napolitains, confrontés à des primes d'assurance exorbitantes, ont trouvé une solution en immatriculant leurs véhicules en Pologne, où les coûts sont bien moindres. Cette pratique, surnommée « l’arnaque napolitaine », repose sur un système où les propriétaires de véhicules, notamment des scooters, profitent des différences de tarifs entre les deux pays pour frauder les assureurs italiens.

Réaction de la Pologne

Face à l'ampleur de cette fraude, les autorités polonaises ont décidé d'agir. Varsovie a pris des mesures pour limiter cette pratique, notamment en renforçant les contrôles sur les immatriculations de véhicules polonais à l'étranger. Cette réaction s'explique par le fait que la Pologne, bien que bénéficiaire économique de cette arnaque, subit des pressions internationales, notamment de la part des assureurs italiens qui dénoncent un détournement de système. Les autorités polonaises cherchent donc à rétablir l'équilibre en limitant les abus, tout en maintenant des tarifs d'assurance attractifs pour leurs propres citoyens.

Conséquences pour les assureurs

Les assureurs italiens, en particulier ceux opérant à Naples, sont les principales victimes de cette fraude. Ils doivent couvrir les véhicules immatriculés en Pologne, mais dont les propriétaires résident en Italie, ce qui entraîne des pertes financières importantes. En 2025, le nombre de plaques polonaises à Naples a dépassé 14 000, un chiffre qui illustre l'ampleur du phénomène. Cette situation pousse les assureurs à revoir leurs tarifs ou à mettre en place des mécanismes de contrôle plus stricts pour limiter les fraudes. Certains estiment que cette arnaque pourrait fragiliser le marché de l'assurance en Italie, déjà confronté à des coûts élevés.

Ce que ça pourrait changer

Cette fraude s'inscrit dans un contexte plus large de différences économiques entre les pays européens. La Pologne, membre de l'Union européenne, bénéficie de coûts de vie et de tarifs d'assurance moins élevés que l'Italie, notamment en raison d'un marché de l'assurance moins saturé et de salaires moyens plus bas. Les propriétaires de véhicules, souvent des scooters, profitent de cette disparité pour réduire leurs dépenses. Cependant, cette pratique a des répercussions sur l'économie italienne, où les assureurs doivent absorber les coûts des fraudes, ce qui peut entraîner une hausse des primes pour les conducteurs honnêtes.

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