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Généraliste

Le projet de GNL de Marinvest Energy présenté à des investisseurs à Toronto

Le Devoir · mis à jour il y a 7 j

Les promoteurs n’ont pas encore dévoilé les détails de ce qui serait le plus gros projet industriel du Québec..

Projet GNL Kino Aski

Marinvest Energy, une entreprise privée, propose un projet industriel majeur au Québec nommé Kino Aski (anciennement GNL Québec), évalué à 30 milliards de dollars. Ce projet vise à construire un complexe d'exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) en reliant les gisements de gaz de l'Ouest canadien au port de Baie-Comeau, sur la Côte-Nord. Il inclurait la construction d'un gazoduc de 1 000 km traversant la forêt boréale, ainsi que trois usines flottantes de production de GNL installées dans la baie des Anglais, à Baie-Comeau. Ces usines fonctionneraient sur le modèle de celles du projet Congo LNG en République du Congo. Le projet promet une production annuelle de 15 millions de tonnes de GNL à très faibles émissions. Marinvest Energy a récemment annoncé que la réalisation du projet serait confiée à une entité dirigée par les Premières Nations, bien que seule la nation atikamekw ait pour l'instant accepté d'y participer.

Sommet d'investissement

Le projet Kino Aski a été présenté aux investisseurs lors du premier Sommet canadien de l’investissement, organisé par le premier ministre Mark Carney à Toronto les 1er et 2 septembre 2025. Ce sommet, décrit comme un forum axé sur les investissements à long terme et la croissance économique, vise à attirer des milliards de dollars d’investissements étrangers au Canada, notamment dans les secteurs minier, des transports, des infrastructures portuaires et des énergies, y compris les énergies fossiles comme le gaz naturel. Le gouvernement fédéral présente ces exportations de GNL comme un moyen de « produire une croissance propre » malgré leur contribution aux émissions de gaz à effet de serre. Le projet Kino Aski figure parmi une liste de dizaines de grands projets industriels proposés aux investisseurs.

Partenariats autochtones

Le projet Kino Aski mise sur une collaboration avec les Premières Nations pour obtenir un financement fédéral et une autorisation accélérée en tant que projet « d’intérêt national ». Une entité dirigée par les Premières Nations serait chargée de la réalisation du projet, bien que seule la nation atikamekw ait officiellement accepté d’y participer. Cependant, le projet empiéterait sur les territoires des Anichinabés, des Cris et des Innus, qui n’ont pas encore donné leur accord. La Nation Anishnabe du Lac Simon a annoncé une sortie publique lors du sommet de Toronto pour souligner l’absence de consentement et d’acceptabilité sociale du projet. Le chef Lucien Wabanonik a révélé que les promoteurs avaient proposé un financement dès les premières rencontres.

Cadre réglementaire

Le gouvernement du Canada, dirigé par Mark Carney, a récemment adopté un règlement excluant les gazoducs de la loi fédérale d’évaluation environnementale, confiant désormais leur examen à la Régie de l’énergie du Canada (REC). Cette décision, soutenue par l’industrie des énergies fossiles, vise à accélérer le développement des projets industriels. Les promoteurs du projet Kino Aski affirment qu’ils suivront les processus réglementaires applicables, notamment ceux de la REC et du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), bien que le projet n’ait pas encore été officiellement déposé. Investir au Canada, une agence gouvernementale, agit comme partenaire pour faciliter les investissements et a organisé des rencontres mensuelles avec différents ministères fédéraux depuis mai 2025.

Ce que ça pourrait changer

Plusieurs groupes environnementaux dénoncent un manque de transparence autour du projet Kino Aski. Alice-Anne Simard, directrice générale de Nature Québec, critique le fait que les gouvernements du Québec et du Canada affirment qu’aucun projet Marinvest n’est sur la table, alors que des démarches sont déjà en cours pour attirer des investisseurs étrangers. Les promoteurs du projet n’ont pas encore dévoilé publiquement ses détails, et il n’a pas été soumis à une évaluation environnementale. Les élus québécois ignorent également les détails du projet. Les groupes environnementaux s’interrogent sur la légitimité de présenter un projet non encore approuvé comme une opportunité d’investissement.

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