Milliard prêt à imposer une taxe québécoise aux géants du web
Il se dit prêt à «utiliser tous les leviers en son pouvoir pour obtenir une contribution des géants du web de 3%»..
Le Québec se prépare à des élections en 2026, et le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, a annoncé une proposition visant à taxer les géants du web. Cette initiative s'inscrit dans un contexte où le gouvernement québécois cherche à obtenir une contribution financière de ces entreprises, souvent américaines, qui opèrent sur son territoire sans y être physiquement implantées. Le PLQ, parti d'opposition, propose cette mesure pour financer des projets culturels locaux et réduire la dépendance aux grandes plateformes numériques. Le premier ministre canadien, Mark Carney, a déjà écarté l'idée de réintroduire une taxe fédérale similaire, appelée taxe Netflix, malgré son retrait précédent.
Charles Milliard, chef du PLQ, a déclaré être prêt à utiliser tous les leviers en son pouvoir pour imposer une taxe de 3 % aux géants du web, surnommée taxe Netflix car elle cible initialement les plateformes de streaming comme Netflix. Cette taxe vise à faire contribuer financièrement des entreprises comme Google, Meta (Facebook), Amazon ou Apple, qui réalisent des profits importants au Québec sans y payer d'impôts locaux proportionnels à leur taille. Milliard a précisé qu'il espérait ne pas avoir à mettre en place cette taxe québécoise, mais qu'il était prêt à le faire si le gouvernement canadien ne collaborait pas. L'objectif est d'obtenir une contribution de 3 % des revenus générés par ces entreprises sur le territoire québécois.
Le PLQ propose de créer un nouveau fonds de 40 millions de dollars canadiens dédié à la production audiovisuelle et musicale québécoise. Ce fonds servirait à soutenir des initiatives de découvrabilité, c'est-à-dire des projets visant à rendre les contenus locaux plus visibles et accessibles aux consommateurs. Milliard a souligné que cette mesure permettrait de soutenir la production d'ici et de réduire la dépendance aux plateformes étrangères. En parallèle, le parti souhaite convaincre le gouvernement fédéral de réintroduire la taxe Netflix au niveau national, mais cette piste a été rejetée par Mark Carney le 21 septembre 2026. Le PLQ envisage donc un plan B si cette collaboration échoue.
L'annonce de Charles Milliard intervient dans un contexte de tensions entre les provinces canadiennes et les géants du web, qui sont souvent critiqués pour leur faible contribution fiscale malgré leurs revenus élevés. La *taxe Netflix* avait été introduite puis retirée par le gouvernement fédéral, ce qui a poussé le Québec à envisager une solution autonome. Les enjeux sont à la fois économiques et culturels : il s'agit de financer des projets locaux tout en assurant une équité fiscale avec les entreprises internationales. Milliard a insisté sur la nécessité de faire contribuer ces géants à l'économie québécoise, notamment dans le secteur culturel, où leur domination est perçue comme un déséquilibre concurrentiel.

