Replay : les défis de la recherche en zone de conflit
Unsplash , CC BY Dans ce webinaire organisé par Normandie pour la Paix et The Conversation France, trois spécialistes partagent leur expérience du terrain, de l’Afghanistan à l’Ukraine, en passant par le Haut-Karabakh. Comment mener des recherches dans ces contextes ? Comment faire face aux difficultés rencontrées sur place et au retour ? Comment.
Le 14 octobre 2026, un webinaire intitulé Replay : les défis de la recherche en zone de conflit a été organisé par Normandie pour la Paix et The Conversation France. Cet événement a réuni trois experts pour échanger sur les enjeux de mener des recherches dans des zones de guerre ou de conflit. Le terme webinaire désigne une conférence en ligne, accessible à distance, qui permet des échanges interactifs. L’objectif était d’aborder les difficultés rencontrées par les chercheurs sur le terrain, comme en Afghanistan, en Ukraine ou dans le Haut-Karabakh, une région disputée entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Ces zones sont marquées par des violences, des déplacements de populations et des restrictions d’accès, rendant la collecte de données particulièrement complexe.
Trois spécialistes ont partagé leur expérience lors de ce webinaire. Pierre Micheletti, médecin, écrivain et universitaire, est président d’honneur d’Action contre la Faim et président de SOS Méditerranée. Il apporte une expertise humanitaire et médicale. Anita Khachaturova, docteure de l’Université libre de Bruxelles, est spécialiste du Caucase du Sud, une région incluant des pays comme l’Arménie, l’Azerbaïdjan et la Géorgie. Romain Huët, ethnographe à l’Université Rennes 2, a travaillé en Syrie et en Ukraine pendant des conflits armés. Un ethnographe est un chercheur qui étudie les cultures et les sociétés à travers des observations sur le terrain. Le webinaire était animé par Grégory Rayko, chef de la rubrique International de The Conversation France, un média en ligne qui publie des articles écrits par des universitaires et des chercheurs.
Les intervenants ont exploré trois questions principales liées à la recherche en zone de conflit. La première porte sur les méthodes pour mener des recherches dans ces contextes dangereux. Les chercheurs doivent souvent adapter leurs protocoles pour garantir leur sécurité et celle des participants. La deuxième question concerne les difficultés rencontrées sur place, comme l’accès limité aux zones de guerre, les restrictions administratives ou les risques pour les populations locales. Enfin, ils ont discuté des défis au retour, notamment comment maintenir les liens avec les personnes rencontrées et partager les résultats des recherches de manière éthique et utile. Ces enjeux soulignent l’équilibre entre rigueur scientifique et respect des contextes humains.
Les trois experts ont illustré leurs propos par des exemples tirés de leurs terrains de recherche. Pierre Micheletti a évoqué son travail en Afghanistan, un pays en conflit depuis des décennies, marqué par une instabilité politique et des violences récurrentes. Anita Khachaturova a partagé son expérience dans le Caucase du Sud, une région où des tensions persistent, notamment entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan après la guerre du Haut-Karabakh en 2020. Romain Huët a décrit ses missions en Syrie, ravagée par une guerre civile depuis 2011, et en Ukraine, où le conflit avec la Russie a débuté en 2022. Ces contextes illustrent la diversité des défis : accès aux données, sécurité des chercheurs et des participants, et nécessité de collaborations locales.
Les organisations mentionnées dans l’article jouent un rôle clé dans la recherche en zone de conflit. Action contre la Faim est une ONG (organisation non gouvernementale) internationale spécialisée dans la lutte contre la faim et la malnutrition, souvent active dans les zones de guerre. SOS Méditerranée est une ONG qui intervient pour sauver des vies en mer, notamment en Méditerranée, mais aussi dans d’autres contextes de crise humanitaire. Ces organisations apportent un soutien logistique et une expertise terrain, ce qui peut faciliter le travail des chercheurs. Leur collaboration avec les universitaires permet de croiser les approches humanitaires et scientifiques pour mieux comprendre les crises.
Mener une recherche en zone de conflit soulève des questions éthiques et pratiques majeures. D’un point de vue éthique, les chercheurs doivent garantir la confidentialité et la sécurité des participants, souvent vulnérables. Ils doivent aussi éviter d’exploiter des situations de crise pour des publications scientifiques sans bénéfice concret pour les populations. Sur le plan pratique, l’accès aux données est souvent limité par les autorités locales ou les groupes armés. Les chercheurs doivent donc trouver des alternatives, comme des entretiens à distance ou des collaborations avec des acteurs locaux. Ces défis montrent que la recherche en zone de conflit nécessite une approche flexible, responsable et adaptée aux réalités du terrain.

