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Droit

Myanmar : la baisse de l’aide internationale aggrave les souffrances des civils

ONU : Droits humains · mis à jour 22 juin

Alors que la situation au Myanmar s’aggrave après cinq ans de violences liées au conflit, la baisse de l’aide internationale ne fait qu’aggraver les souffrances de millions de personnes, affirme le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) dans un rapport publié jeudi..

Crise humanitaire aggravée

La réduction de l’aide internationale au Myanmar a entraîné une dégradation des conditions de vie des civils, déjà fragilisés par des années de conflit. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH), cette baisse de financement prive les populations des seules protections disponibles face aux violences de l’armée. Volker Türk, Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, a dénoncé cette situation en déclarant que la population birmane, déjà victime de souffrances extrêmes, semblait désormais abandonnée par la communauté internationale. Le rapport couvre la période d’août 2025 à janvier 2026, marquée par des élections organisées par l’armée, et souligne que les initiatives locales de protection étaient jusqu’alors le principal rempart contre les attaques aveugles et ciblées perpétrées par les forces militaires.

Coupes dans les soins

La baisse des financements a provoqué des réductions budgétaires massives dans les programmes d’urgence, entraînant des fermetures et des licenciements au sein des organisations de la société civile. Les programmes humanitaires, comme l’aide aux personnes déplacées, les initiatives éducatives et le soutien psychosocial, ont été drastiquement réduits ou suspendus. Les organisations de femmes ont été particulièrement touchées. La prestation des soins de santé d’urgence s’est fortement détériorée, avec des difficultés à maintenir les chaînes d’approvisionnement en médicaments et le fonctionnement des établissements de santé. Par exemple, les foyers d’accueil pour les victimes de violences sexuelles et de genre ont fermé ou fonctionnent à capacité réduite, tandis que les structures d’hébergement et les programmes éducatifs pour les femmes ont été réduits ou maintenus uniquement grâce à des ressources d’urgence limitées.

Violences et bilan humain

Le conflit et la répression au Myanmar n’ont pas faibli, malgré les coupes dans l’aide internationale. Le rapport de l’ONU recense au moins 702 décès de civils sur six mois, principalement dans les régions du centre et dans l’État de Rakhine. Parmi ces victimes, 476 sont mortes lors de frappes aériennes, dont 111 avant le début des élections en décembre 2025. Ces chiffres incluent 43 femmes et 10 enfants parmi les victimes des frappes. Ces violences s’ajoutent aux souffrances déjà endurées par la population, aggravées par la réduction des aides et la fermeture des structures de protection.

Armes et complicité internationale

Alors que la situation humanitaire se dégrade, des acteurs étrangers continuent de fournir à l’armée birmane des armes, des munitions, du kérosène et d’autres biens à double usage. Ces transferts risquent de faciliter des violations du droit international humanitaire et des droits de l’homme. Le Haut-Commissaire de l’ONU, Volker Türk, a appelé les États à cesser immédiatement ces transferts lorsqu’il existe un risque qu’ils contribuent à des violations. Il a souligné que la communauté internationale ne pouvait plus se permettre de laisser tomber le peuple du Myanmar après une décennie de souffrances. Cette situation met en lumière le rôle des pays exportateurs d’armes dans la perpétuation du conflit.

Ce que ça pourrait changer

Face à l’aggravation de la crise, Volker Türk a réitéré son appel en faveur d’une cessation immédiate des hostilités et d’un accès humanitaire sans restriction pour tous les civils. Il a insisté sur la nécessité pour les États de respecter leurs obligations internationales en matière de droits de l’homme et de droit humanitaire. Le Haut-Commissaire a également demandé aux gouvernements de garantir un financement prévisible et suffisant pour les initiatives de protection des civils. Enfin, il a souligné que la communauté internationale devait assumer ses responsabilités et éviter de reproduire les erreurs du passé, en refusant de laisser le peuple du Myanmar sans soutien.

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