En 2000, la France a vendu un porte-avions de 265 mètres au Brésil avec une « surprise ». 23 ans plus tard
Le porte-avions Foch vendu par la France au Brésil en 2000 a été sabordé dans l'Atlantique le 3 février 2023 par la marine brésilienne faute de solution alternative..
En 2000, la France a vendu un porte-avions à propulsion nucléaire nommé Foch au Brésil pour un montant de 12 millions d’euros. Ce navire, long de 265 mètres et pesant 27 300 tonnes, était alors l’un des plus grands porte-avions au monde. À l’époque, cette transaction représentait une opération stratégique pour le Brésil, qui cherchait à moderniser sa marine militaire. Le Foch avait été construit entre 1957 et 1960 pour la Marine nationale française et avait servi pendant près de 40 ans avant d’être retiré du service en 2000. La France, en vendant ce navire, a également inclus une « surprise » dans le contrat, dont la nature exacte n’est pas précisée dans l’article.
Dès son arrivée au Brésil, le porte-avions Foch, renommé São Paulo, a rencontré de graves difficultés techniques. Les systèmes de propulsion, de navigation et de sécurité se sont révélés défaillants ou inadaptés aux normes brésiliennes. En 2005, seulement cinq ans après son achat, le navire a été mis hors service pour des réparations. Ces problèmes ont persisté malgré les tentatives de modernisation, rendant le navire inutilisable. Le coût des réparations et de la maintenance a rapidement dépassé les capacités budgétaires de la marine brésilienne, qui a dû faire face à des restrictions financières.
En 2023, après près de deux décennies de tentatives infructueuses pour remettre le São Paulo en état de naviguer, la marine brésilienne a annoncé son intention de le retirer définitivement du service. Le navire, devenu un fardeau logistique et financier, a été jugé trop coûteux à entretenir et à réparer. Les autorités brésiliennes ont alors opté pour une solution radicale : le couler en mer. Cette décision a été prise en raison de l’absence de solutions alternatives viables, comme le démantèlement à terre, qui aurait été encore plus onéreux et complexe.
Le 17 août 2023, le São Paulo a été sabordé à environ 350 kilomètres des côtes brésiliennes, dans l’océan Atlantique. Ce processus de naufrage contrôlé a été réalisé pour éviter les risques liés à un démantèlement à quai, qui aurait pu libérer des substances toxiques dans l’environnement. Cependant, l’opération a suscité des inquiétudes quant à l’impact écologique à long terme. Des associations environnementales ont pointé du doigt les risques de pollution liés à la présence de peinture, d’amiante et d’autres matériaux dangereux à bord du navire. Les autorités brésiliennes ont assuré que des mesures avaient été prises pour limiter ces risques.
L’histoire du *São Paulo* soulève plusieurs questions sur les ventes d’équipements militaires d’occasion et leurs conséquences. Cette affaire met en lumière les risques liés à l’acquisition de navires ou d’aéronefs anciens, dont la maintenance peut devenir un gouffre financier. Elle interroge également sur les pratiques des pays vendeurs, qui pourraient minimiser les défauts des équipements pour faciliter les transactions. Enfin, ce cas illustre les défis logistiques et financiers auxquels sont confrontés les pays en développement lorsqu’ils tentent de moderniser leur armée avec des ressources limitées.

