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Société

«Ce qui est visible au Népal révèle ce qui est dissimulé au Tibet»: la catastrophe que Pékin tente de minimiser

Slate FR · mis à jour il y a 10 j

Le 26 août, l'effondrement d'un glacier géant a tout ravagé sur 22 kilomètres. Alors que les morts se comptent en milliers, la Chine verrouille les réseaux sociaux et condamne les internautes qui doutent des chiffres officiels..

Catastrophe du 26 août

Le 26 août 2026, un glacier situé au Népal, sur le versant sud du mont Langtang Lirung à 5 200 mètres d'altitude, s'est effondré. Cette masse de boue, de glace et de roche a détruit tout sur son passage sur 22 kilomètres, submergeant la région sino-tibétaine de Gyirong (1 860 mètres d'altitude) et la ville frontière du même nom avant de se répandre au Népal. Une caméra de surveillance a filmé des personnes tentant de fuir l'avalanche. Cette région, surnommée le Jardin Secret de l'Himalaya, est un point de passage majeur pour le commerce sino-népalais, avec près des deux-tiers du trafic annuel transitant par le poste-frontière de Gyirong.

Bilan humain et dégâts

Au Népal, le bilan s'élève à 1 342 morts et près de 8 000 disparus, tandis qu'au Tibet (région autonome du Xizang), 43 morts et 519 disparus ont été recensés. Les dégâts incluent la destruction de bâtiments, d'infrastructures électriques et d'un tronçon de la route nationale G216, essentielle pour les secours. Parmi les victimes figurent des habitants, des ouvriers, ainsi que près de 800 étrangers (touristes ou pèlerins). La Chine a envoyé au Népal des fournitures humanitaires, dont des tentes, des couvertures, des systèmes de purification d'eau et des équipements médicaux, mais n'a pas accepté d'aide internationale sur son territoire.

Réaction du gouvernement chinois

Le président chinois Xi Jinping a exprimé ses condoléances au président népalais Ram Chandra Poudel le 29 août, soulignant la solidarité sino-népalaise. Le Premier ministre Li Qiang s'est rendu à Gyirong le 28 août pour superviser les secours, insistant sur la priorité donnée aux vies humaines. Contrairement à d'autres catastrophes passées (comme le séisme de Tangshan en 1976), la Chine gère cette crise avec modernité, mobilisant 2 300 secouristes, 400 véhicules, 8 000 équipements, 800 vols de drones et 24 hélicoptères. Cependant, la région reste fermée aux médias étrangers, sauf pour une visite exceptionnelle de cinq journalistes internationaux les 6 et 7 septembre.

Censure et restrictions d'information

La presse chinoise ne peut relater que les succès des secours, sans diffuser de témoignages de survivants ou de familles de victimes. Dix internautes chinois ont été sanctionnés pour avoir remis en cause les informations officielles sur la catastrophe, accusés de propager des rumeurs. Deux Tibétains ont été arrêtés à Lhassa pour avoir évoqué plus de 1 000 victimes. Les images de la submersion du poste-frontière ont rapidement disparu des médias chinois. Aucune question n'est posée sur la solidité des constructions ou l'efficacité des systèmes d'alerte, malgré les doutes exprimés par des ONG comme l'International Campaign for Tibet (ICT), qui estime que le nombre de victimes est bien plus élevé que les chiffres officiels.

Causes possibles de la catastrophe

L'effondrement du glacier est officiellement attribué à des causes naturelles, selon les experts chinois et népalais. Cependant, l'ONG ICT et le dalaï-lama évoquent des facteurs sous-jacents comme le changement climatique. La région compte près de 200 barrages hydroélectriques en 2024, fragilisés par les risques sismiques et les effets du réchauffement climatique. Le poste-frontière de Gyirong est un point clé des Routes de la soie, avec un projet de ligne ferroviaire. La catastrophe survient alors que la Chine cherche à contenir tout mécontentement au Tibet, où la censure est renforcée pour éviter toute contestation.

Ce que ça pourrait changer

Gyirong est un axe stratégique pour le commerce sino-népalais, avec un trafic annuel important. La catastrophe survient dans un contexte de tensions géopolitiques, le dalaï-lama, chef spirituel des Tibétains en exil, ayant appelé à prier pour les victimes. La Chine, qui qualifie le dalaï-lama de *rebelle et séparatiste*, limite drastiquement l'accès à l'information au Tibet. Aucune mesure n'a été annoncée pour renforcer la sécurité des constructions ou des infrastructures dans la région, malgré les risques naturels persistants. La gestion de cette crise illustre la priorité donnée par Pékin au contrôle social et à la stabilité politique dans le *Xizang*.

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