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Culture

La campagne du général Roberto Vannacci, avec comme mot d’ordre la "remigration"

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 2 j

Aujourd’hui, Pierre Ramond nous parle d’une figure extrême de la politique européenne, dont nous pourrions beaucoup entendre parler dans les prochains mois..

Qui est Roberto Vannacci

Roberto Vannacci est un général italien devenu une figure politique controversée. En 2023, il a publié un livre intitulé Il Mondo al Contrario (Le monde à l’envers), un pamphlet où il exprime des positions racistes, xénophobes et homophobes. Ce livre, autoédité, est devenu un best-seller en Italie, malgré les critiques du gouvernement de Giorgia Meloni, qui l’a qualifié de « divagations personnelles » et l’a relevé de ses fonctions militaires. Vannacci a ensuite fondé son propre parti politique, Futuro Nazionale (Futur National), et se présente comme un candidat radical pour les élections italiennes de 2027. Son parcours illustre une radicalisation croissante de certains secteurs de l’armée et de la société italienne.

Fondement de son mouvement

Futuro Nazionale s’appuie sur des idées d’extrême droite et propose un programme politique centré sur la lutte contre l’immigration et la défense d’une identité nationale italienne. Vannacci a été soutenu par la Lega de Matteo Salvini lors des élections européennes de 2024, où ce parti a obtenu près de 10 % des voix en mobilisant les électeurs les plus radicaux. Son mouvement se distingue par son rejet des politiques migratoires actuelles et son ambition de dépasser le gouvernement de Meloni sur des sujets comme l’Union européenne, la Russie ou les droits des femmes. Le programme de Futuro Nazionale s’inspire explicitement de références historiques controversées, comme Benito Mussolini, avec des slogans comme « Nous irons droit devant », une phrase célèbre du dictateur italien.

La remigration : une politique radicale

Le cœur du programme de Vannacci est sa politique migratoire, intitulée « Assimilation et Remigration ». Ce concept vise à mettre fin à toute nouvelle immigration en Italie et à organiser le retour forcé des étrangers, qu’ils soient sans titre de séjour ou condamnés pour des délits. Les mesures proposées incluent l’expulsion rapide des étrangers délinquants, la révision des critères d’obtention de la citoyenneté, et la limitation du regroupement familial. Le terme « remigration » désigne spécifiquement l’idée d’inverser les flux migratoires en renvoyant des étrangers vers leurs pays d’origine, même s’ils sont nés en Italie ou y vivent depuis des années. Cette approche contraste avec les politiques actuelles du gouvernement Meloni, qui a augmenté les quotas de travailleurs étrangers pour répondre aux besoins de secteurs comme l’agriculture et le tourisme.

Alliances internationales d’extrême droite

La « remigration » n’est pas seulement un slogan italien : elle sert aussi à fédérer des mouvements d’extrême droite et néofascistes au niveau international. Vannacci a participé en 2025 à un colloque intitulé « Remigration Summit » à Gallarate, en Italie, réunissant des groupes comme l’AfD allemand, le Vlaams Belang belge, ou des organisations néonazies comme Deport Them Now (Espagne) et des figures identitaires autrichiennes. Ce réseau montre une volonté de coordination entre les extrêmes droites européennes. Aux États-Unis, l’administration en place a également relayé ce terme, avec un message publié par le département de la Sécurité intérieure en 2025 : un simple mot, « Remigrate », illustrant l’adoption de ce concept par des cercles politiques influents.

Ce que ça pourrait changer

Les élections de 2027 en Italie s’inscrivent dans un calendrier électoral européen chargé, incluant aussi l’Allemagne, la Serbie, l’Espagne, la Pologne et la France. Ces scrutins pourraient voir l’émergence ou la consolidation de partis d’extrême droite, comme *Futuro Nazionale* en Italie. Le programme de Vannacci, avec sa focalisation sur la *« remigration »*, reflète une tendance plus large en Europe, où certains partis cherchent à durcir les politiques migratoires pour mobiliser leur électorat. Cette radicalisation pose la question de son impact sur les démocraties européennes et de la normalisation de discours autrefois marginaux.

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