La CAQ rayée de la carte
Les Québécois ont massivement tourné le dos à la «troisième voie»..
Les élections générales québécoises du 5 octobre 2026 ont abouti à une défaite historique pour la Coalition avenir Québec (CAQ), un parti politique fondé en 2011 par François Legault et l’homme d’affaires Charles Sirois. À l’issue du scrutin, aucun candidat de la CAQ n’a été élu à l’Assemblée nationale, ce qui signifie que le parti n’aura plus aucun député. Cette situation est qualifiée de rayée de la carte dans l’article, une expression qui désigne la disparition totale d’un parti politique de la scène parlementaire. Les résultats ont été confirmés moins d’une heure après la fermeture des bureaux de vote à 20h, heure locale. La CAQ, qui était au pouvoir depuis plusieurs années, a subi une débâcle spectaculaire, perdant tous ses sièges face à ses adversaires.
Christine Fréchette, cheffe de la CAQ et première ministre sortante du Québec, a perdu son siège de députée dans la circonscription de Trois-Rivières face à un candidat du Parti québécois (PQ). Elle a reconnu sa responsabilité dans la défaite de son parti en déclarant : « La défaite, elle est la mienne. Elle n’est pas la vôtre. » Fréchette a également souligné que les Québécois avaient exprimé leur désir de changement, tout en respectant leur choix. Elle a rendu hommage à François Legault, fondateur de la CAQ, et a évoqué la troisième voie, une ligne politique prônant une alternative entre les partis traditionnels. Malgré la défaite, elle a exprimé sa conviction que cette vision pourrait revenir au pouvoir à l’avenir. Fréchette a annoncé qu’elle s’exprimerait publiquement le lendemain pour discuter de l’avenir de la CAQ.
Plusieurs ministres sortants de la CAQ ont perdu leur siège lors de cette élection. Parmi eux, Bernard Drainville, ministre de l’Économie, a été battu dans la circonscription de Lévis par Yanick Godbout (PQ) et Karine Laflamme (Parti conservateur du Québec). Simon Jolin-Barrette, ministre de la Justice, a perdu dans Borduas face à Cédric Gagnon-Ducharme (PQ). Jean-François Roberge, figure nationaliste de la CAQ, a été battu dans Chambly par Julie Guyot (PQ). Eric Girard, ministre des Finances, a également perdu dans Groulx contre Marie-Claude Sarrazin (PQ), ancienne procureure de la commission Gallant sur le scandale SAAQclic. France-Élaine Duranceau, présidente du Conseil du trésor, a terminé deuxième dans Bertrand, derrière Alexandre Girard-Duchaine (PQ). Sonia Bélanger, ministre de la Santé, a obtenu la troisième place dans Prévost, remportée par Anne Nguyen (PQ). Martine Biron, ministre de l’Enseignement supérieur, a été battue dans Chutes-de-la-Chaudière par Dominique Dumas (Parti conservateur), connu pour ses déclarations controversées.
En l’espace d’un mois, entre le 31 août et le 3 octobre 2026, la CAQ a vu ses intentions de vote chuter de 10 points de pourcentage, passant de 24 % à 14 %, selon le sondage Léger. Cette baisse significative reflète une perte de confiance des électeurs envers le parti au pouvoir. Plusieurs facteurs ont pu contribuer à cette chute, notamment une polémique autour d’un prétendu risque d’ingérence américaine dans la campagne électorale. Christine Fréchette, cheffe de la CAQ, a été interrogée sur ce sujet, mais n’a pas apporté de réponse claire concernant une éventuelle ingérence étrangère. De plus, la CAQ a évité de se prononcer sur sa position en cas de troisième référendum sur l’indépendance du Québec, ce qui a pu décevoir une partie de son électorat.
Christine Fréchette a appelé Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois (PQ) et vainqueur de l’élection, pour le féliciter et organiser une transition ordonnée, complète et respectueuse. Elle a assuré qu’elle travaillerait avec lui pour assurer la continuité des services publics pendant cette période. Le PQ, dirigé par Paul St-Pierre Plamondon, a remporté la majorité des sièges à l’Assemblée nationale, devenant ainsi le nouveau parti au pouvoir. Fréchette a exprimé sa fierté pour le travail accompli par la CAQ et a encouragé ses militants à garder espoir pour l’avenir, malgré la défaite.
Les militants de la CAQ ont réagi de manière contrastée à la défaite. Certains étaient en larmes, déçus par l’ampleur de la défaite, tandis que d’autres, comme Christine Fréchette, affichaient une attitude résignée. Brigitte Legault, directrice générale du parti, a reconnu la douleur de la défaite en déclarant : *« C’est sûr que ça fait mal. Quand on fait de la politique, on le fait pour gagner. »* Elle a également expliqué que la présence de cinq partis en lice avait rendu difficile la transmission du message de la CAQ. Malgré la défaite, les militants ont été encouragés à garder la tête haute et à rester fiers du travail accompli par le parti au cours des dernières années.

