Françoise Combes, astrophysicienne au Collège de France : « Quand on parle avec le ministre
Dans un contexte de coupes budgétaires drastiques, Françoise Combes, astrophysicienne de renom, plaide pour une augmentation du budget de la recherche afin de contrer le déclin de la France et de l'Europe face à la Chine et aux États-Unis..
Françoise Combes, astrophysicienne renommée au Collège de France, alerte sur le déclin progressif de la recherche française. Selon elle, ce recul s’explique par un manque de moyens financiers et une absence de vision stratégique à long terme. La France, autrefois leader dans de nombreux domaines scientifiques, voit ses budgets de recherche stagner ou diminuer, tandis que d’autres pays comme la Chine ou les États-Unis investissent massivement. Françoise Combes souligne que ce déclin n’est pas une fatalité, mais le résultat de choix politiques et économiques. Elle cite des exemples concrets où des projets prometteurs sont abandonnés faute de financements, malgré l’intérêt scientifique et économique qu’ils représentent.
Lorsqu’elle échange avec les ministres compétents, Françoise Combes constate que ces derniers expriment systématiquement leur accord avec les chercheurs et promettent des améliorations. Cependant, ces engagements ne se traduisent pas par des actions concrètes. Elle explique que les promesses politiques sont souvent suivies d’effets limités, voire inexistants, en raison de contraintes budgétaires ou de priorités changeantes. Par exemple, des annonces de hausse du budget de la recherche ne sont pas suivies de mesures effectives, laissant les scientifiques dans une situation de précarité croissante. Ce décalage entre les discours et les réalités budgétaires aggrave la crise de la recherche française.
Pour inverser cette tendance, Françoise Combes propose une solution claire : augmenter significativement le budget alloué à la recherche. Elle estime que la France doit consacrer au moins 3 % de son PIB à la recherche et au développement, un niveau comparable à celui de l’Allemagne ou de la Corée du Sud. Actuellement, la France investit environ 2,2 % de son PIB, un chiffre insuffisant pour rivaliser avec les grandes puissances scientifiques mondiales. Elle insiste sur le fait que ce surcoût initial serait rapidement compensé par les retombées économiques, technologiques et sociales générées par une recherche dynamique et innovante.
Françoise Combes lie étroitement le sort de la recherche à celui de l’industrie française. Selon elle, une recherche performante ne peut exister sans une base industrielle solide. Elle explique que la désindustrialisation progressive de la France a affaibli son écosystème scientifique, en privant les chercheurs de débouchés concrets pour leurs innovations. Elle cite l’exemple de l’Allemagne, où les liens étroits entre universités, centres de recherche et entreprises permettent une transition fluide entre découvertes scientifiques et applications industrielles. Pour elle, une politique de réindustrialisation est indispensable pour redonner à la France sa place de leader scientifique et technologique.
Le Collège de France, où Françoise Combes enseigne, joue un rôle clé dans la promotion de la recherche fondamentale en France. Institution unique en son genre, il accueille des chercheurs de renom pour dispenser des cours et mener des travaux de pointe, sans être soumis aux contraintes administratives des universités classiques. Françoise Combes souligne que le Collège de France est un symbole de l’excellence française, mais aussi un acteur fragile face aux réductions budgétaires. Elle plaide pour que cette institution, ainsi que d’autres centres de recherche, bénéficient de financements stables et suffisants pour continuer à attirer les talents et à produire des connaissances de haut niveau.

