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Géopolitique

Cisjordanie : la presse israélienne craint une troisième intifada et tire la sonnette d’alarme

Courrier International · mis à jour il y a 10 j

Plusieurs éditorialistes de quotidiens israéliens, y compris conservateurs, mettent en cause la responsabilité du gouvernement de Benyamin Nétanyahou dans la montée des violences en Cisjordanie. Après un week-end marqué par des affrontements meurtriers, ils dénoncent une politique qui pourrait provoquer une nouvelle intifada..

Contexte politique en Israël

En juillet 2025, le gouvernement israélien est dirigé par Benyamin Nétanyahou, Premier ministre, assisté de plusieurs ministres clés : Bezalel Smotrich (ministre des Finances), Israël Katz (ministre de la Défense) et Itamar Ben Gvir (ministre de la Sécurité nationale). Ces figures politiques sont mentionnées car elles jouent un rôle central dans les décisions concernant la Cisjordanie, une région palestinienne sous contrôle partiel d'Israël. Leur présence lors d'une séance plénière à la Knesset, le Parlement israélien à Jérusalem, illustre l'importance des tensions actuelles. Le gouvernement israélien est critiqué par certains observateurs, comme le journaliste Nahum Barnea, qui estime que ses actions pourraient aggraver les conflits en Cisjordanie.

Déclenchement des violences

Le 24 juillet 2025, une vingtaine de colons israéliens, des Israéliens vivant en Cisjordanie ou dans des colonies israéliennes, ont pénétré dans le village palestinien de Tell, près de Naplouse, malgré une interdiction légale pour les Israéliens de se rendre dans cette zone sous contrôle de l'Autorité palestinienne. Une confrontation violente a éclaté, faisant deux morts parmi les colons et quatre parmi les Palestiniens. Ces colons sont des civils armés qui s'installent souvent dans des territoires palestiniens occupés, une situation source de tensions depuis des décennies. Leur présence illégale dans le village de Tell a provoqué une escalade immédiate des violences.

Réactions en chaîne

Dans les heures suivant la confrontation à Tell, des groupes de colons ont mené des attaques de représailles contre plusieurs villages palestiniens. Ces attaques ont inclus l'incendie de deux mosquées, de maisons et de véhicules. Ces actes de violence collective, souvent organisés, visent à punir les Palestiniens pour des incidents précédents. Les mosquées, lieux de culte islamiques, et les habitations civiles sont des cibles symboliques et pratiques dans ce contexte de conflit. Ces représailles illustrent une escalade dangereuse, où les civils des deux côtés deviennent des victimes collatérales.

Analyse d'un journaliste

Nahum Barnea, journaliste au quotidien israélien Yediot Aharonot, analyse ces événements comme une menace sérieuse pour la stabilité régionale. Il qualifie ces violences de troisième intifada, un terme arabe désignant une révolte palestinienne contre Israël. Selon lui, cette troisième intifada diffère des précédentes car elle serait « conforme à la vision du gouvernement israélien », suggérant que les politiques actuelles alimentent directement les tensions. Barnea critique également l'armée israélienne, Tsahal, pour son inaction face à ces violences, la qualifiant de « tête dans le sable » en référence à l'expression française désignant une attitude d'aveuglement volontaire.

Ce que ça pourrait changer

Les événements de juillet 2025 en Cisjordanie font craindre une escalade vers une troisième intifada, après celles de 1987 et de 2000. Une intifada est une révolte populaire palestinienne, souvent marquée par des manifestations, des attentats et des affrontements avec les forces israéliennes. Les tensions actuelles, combinées à des politiques gouvernementales controversées et à des représailles violentes, créent un climat propice à une nouvelle crise. Les craintes portent sur une généralisation des violences, impliquant davantage de civils et de groupes armés des deux côtés. La situation reste extrêmement volatile, avec des risques pour la sécurité des populations locales et régionales.

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