NapseflowNapseflow
Généraliste

Fin de parcours pour l’investissement saoudien dans le sport?

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 8 j

Le retrait du Fonds d’investissement saoudien du circuit LIV Golf soulève des questions..

Échec du LIV Golf

En 2022, l’Arabie saoudite lance le LIV Golf, un nouveau circuit de golf professionnel conçu pour concurrencer le circuit traditionnel de la PGA (Professional Golfers' Association). Ce projet était soutenu par le PIF (Fonds d’investissement public saoudien), qui y a injecté plus de 5 milliards de dollars américains. Cependant, après quatre ans d’activité, le PIF s’est retiré du projet en 2026, laissant le LIV Golf à la recherche de nouveaux investisseurs. Le Fonds a subi des pertes financières estimées à 500 millions de dollars américains (693 millions de dollars canadiens), ce qui a rendu l’opération non rentable. Selon Jean-Baptiste Guégan, expert en géopolitique du sport, cette décision reflète une volonté de réorienter les investissements vers d’autres secteurs jugés plus stratégiques ou moins risqués.

Contexte géopolitique

La guerre au Moyen-Orient a joué un rôle dans le désengagement du PIF dans le sport. Les conflits régionaux, comme les affrontements en cours, ont poussé l’Arabie saoudite à prioriser ses dépenses militaires et sécuritaires. Yann Roche, professeur à l’UQAM, souligne que le sport devient secondaire face à ces enjeux de sécurité nationale. Par exemple, le Grand Prix d’Arabie saoudite de Formule 1, prévu en avril 2026, a été annulé en raison de l’instabilité croissante. Roche précise que cette réorientation des investissements était déjà en cours avant le début des conflits, comme en témoignent les analyses économiques publiées depuis plus d’un an.

Mondial 2034 en question

En 2024, la FIFA (Fédération internationale de football association) a attribué l’organisation de la Coupe du monde de football 2034 à l’Arabie saoudite, marquant la deuxième fois en 12 ans qu’un pays de la péninsule arabique accueille cet événement, après le Qatar en 2022. Cependant, le contexte géopolitique actuel pourrait compliquer la préparation de cet événement. Yann Roche s’interroge sur la pertinence de cet engagement à long terme, estimant que le projet pourrait devenir un fardeau plutôt qu’une opportunité. L’Arabie saoudite s’est pourtant positionnée comme un acteur majeur du football mondial ces dernières années, notamment avec l’arrivée de stars comme Cristiano Ronaldo à Al-Nassr en 2023.

Réduction des transferts

Depuis 2021, le PIF détient 80 % du club anglais de Newcastle United, qui évoluait en Premier League. Initialement, le club investissait massivement dans des transferts de joueurs, mais cette tendance s’est inversée en 2026. Les dépenses de transferts des clubs saoudiens sont passées de 875 millions de dollars américains (1,2 milliard de dollars canadiens) en 2023 à 407 millions de dollars américains (564 millions de dollars canadiens) en 2026, soit une baisse de plus de 50 %. Jean-Baptiste Guégan explique que cette réduction reflète une volonté de limiter les pertes financières et de privilégier la vente de joueurs plutôt que leur acquisition.

Annulations et reports

Plusieurs événements sportifs prévus en Arabie saoudite ont été annulés ou reportés en raison de retards de construction ou de l’instabilité géopolitique. Par exemple, les Jeux asiatiques d’hiver 2029, initialement attribués à l’Arabie saoudite, se dérouleront finalement au Kazakhstan. De même, les finales de la WTA (Women’s Tennis Association), qui devaient avoir lieu à Riyad en 2024 et 2025, ont été déplacées à Indian Wells aux États-Unis. Ces annulations soulèvent des questions sur la fiabilité de l’Arabie saoudite en tant qu’organisateur d’événements sportifs internationaux.

Fiabilité en baisse

Les experts soulignent que l’Arabie saoudite a une approche rapide et brutale en matière d’investissements sportifs. Lorsqu’un projet ne répond plus à ses attentes ou devient trop coûteux, le PIF se désengage sans hésitation. Cette stratégie peut nuire à la réputation du pays, notamment en matière de fiabilité. Par exemple, le retrait du PIF du LIV Golf envoie un message négatif aux partenaires potentiels, suggérant un manque de stabilité. Guégan précise que si l’Arabie saoudite devait renoncer à organiser le Mondial 2034, cela pourrait avoir des conséquences majeures sur sa crédibilité internationale.

Ce que ça pourrait changer

Face aux échecs dans certains sports traditionnels, l’Arabie saoudite se tourne vers le *sport électronique* (e-sport) comme nouveau terrain d’investissement. En 2026, un consortium saoudien a racheté *EA Sports*, le géant des jeux vidéo sportifs (EA FC, Madden), pour 55 milliards de dollars américains (76 milliards de dollars canadiens). Le pays mise également sur des événements comme la Coupe du monde du sport électronique, organisée à Riyad depuis 2024, offrant des prix totalisant plus de 60 millions de dollars américains (83 millions de dollars canadiens). Cependant, en 2026, l’événement a dû être relocalisé à Paris en raison de l’instabilité au Moyen-Orient. Selon les experts, cette réorientation montre une volonté de se concentrer sur des secteurs perçus comme plus prometteurs et innovants.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.