Starship : et s’il y a un problème autour de la Terre et que le vol orbital tourne mal ?
Sur le papier, tout est censé bien se dérouler. La fusée géante Starship doit réussir son tout premier vol orbital ce lundi 28 septembre.
Le 28 septembre 2026, SpaceX a réalisé le premier vol orbital de son vaisseau Starship lors de son 14e essai. Contrairement aux précédents vols suborbitaux, qui duraient environ une heure, cette mission prévoyait une orbite à 275 kilomètres d'altitude, une vitesse proche de 28 000 km/h et six tours de la Terre en dix heures. L'objectif était un amerrissage contrôlé au large du Chili, dans l'océan Pacifique. Ce vol marquait une étape majeure, car les vols suborbitaux précédents bénéficiaient d'une trajectoire suborbitale à sécurité passive : même en cas de perte de contrôle, le vaisseau retombait naturellement dans une zone prédéfinie, l'océan Indien. Avec l'orbite, cette sécurité passive n'existe plus, rendant la mission plus complexe et risquée.
Dans les vols suborbitaux, la sécurité passive repose sur les lois de la physique : après une ascension, le vaisseau retombe en suivant une trajectoire en arc de cercle, sans besoin d'intervention humaine. Pour le vol orbital, cette sécurité est annulée car le vaisseau doit effectuer plusieurs tours de la Terre avant de redescendre. En cas de défaillance, il continuerait à tourner autour de la planète jusqu'à une rentrée atmosphérique non contrôlée, potentiellement dangereuse. SpaceX a donc dû mettre en place des points d'abandon et des redondances pour garantir une désorbitation contrôlée. Ces dispositifs permettent de freiner le vaisseau à des moments clés pour le faire redescendre dans une zone sûre.
Le Starship est un vaisseau de 52 mètres de haut, conçu pour résister à des conditions extrêmes, notamment lors de la rentrée dans l'atmosphère. Sa robustesse est telle qu'il peut survivre à un amerrissage même endommagé, comme l'a démontré le Ship 40 lors du 13e vol en juillet 2026, où il a amerri intact dans l'océan Indien. Cette caractéristique pose un défi : en cas de problème, le vaisseau pourrait atteindre le sol ou la mer en un seul morceau, mais à un endroit non prévu. SpaceX a donc défini des zones prédéterminées pour la rentrée et multiplié les filets de sécurité, comme des capteurs et des systèmes de contrôle redondants, pour minimiser les risques de retombée dans une zone habitée ou dangereuse.
Pour éviter une rentrée incontrôlée, SpaceX a intégré plusieurs niveaux de sécurité. Avant le vol, l'entreprise a prévu une pause de vingt minutes après le décollage pour vérifier l'état du vaisseau. Une fois en orbite, des points de contrôle sont répartis sur la trajectoire, permettant une intervention rapide en cas de panne (alimentation électrique, orientation, réservoirs, etc.). Les contrôleurs disposent de données en temps réel grâce à des milliers de capteurs et d'ordinateurs de vol. Par exemple, lors du 14e vol, un moteur s'est éteint prématurément, mais les systèmes redondants ont permis de valider la poursuite de la mission. Ces dispositifs visent à garantir une désorbitation contrôlée et un amerrissage dans une zone sûre.
Si un problème survient pendant le vol orbital, SpaceX peut décider d'un *retour anticipé* pour faire redescendre le Starship plus tôt que prévu. Cette manœuvre doit être précise, car le vaisseau, très robuste, pourrait causer des dégâts s'il atterrit dans une zone non autorisée. Les contrôleurs s'appuient sur la télémétrie en temps réel pour évaluer l'état du vaisseau et choisir le meilleur moment pour déclencher la désorbitation. L'objectif est d'amerrir dans une zone prédéterminée, comme l'océan Pacifique, tout en évitant les zones habitées ou les routes maritimes. Cette stratégie illustre l'équilibre entre innovation et sécurité dans les vols spatiaux.

