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Géopolitique

Comment le champ magnétique terrestre joue avec nos cellules

Courrier International · mis à jour 24 sept.

Des chercheurs ont utilisé des mouches pour mieux comprendre l’effet du magnétisme terrestre sur les organismes. Les mitochondries, ces petites centrales énergétiques de la cellule, semblent y être particulièrement sensibles..

Bouclier invisible

Le champ magnétique terrestre agit comme un bouclier protecteur en déviant vers l’espace les rayonnements cosmiques dangereux, comme les particules solaires ou les rayons cosmiques, qui bombardent en permanence notre planète. Sans ce champ, ces rayonnements pourraient endommager l’ADN des êtres vivants, perturber les communications et même rendre la vie sur Terre impossible. Ce phénomène est généré par le noyau liquide de la Terre, composé principalement de fer et de nickel, qui crée un courant électrique en mouvement. Ce courant génère à son tour un champ magnétique, comparable à celui d’un aimant géant. Les scientifiques estiment que ce champ s’affaiblit progressivement depuis plusieurs siècles, ce qui soulève des questions sur ses conséquences à long terme.

Mitochondries sensibles

Les mitochondries sont des organites présents dans presque toutes les cellules du corps humain et de nombreux autres organismes. On les qualifie souvent de centrales énergétiques car elles transforment les nutriments en énergie utilisable par la cellule, sous forme d’une molécule appelée ATP (adénosine triphosphate). Une équipe de chercheurs de l’université de Nottingham, dirigée par la biochimiste Lisa Chakrabarti, a découvert que les mitochondries pourraient être particulièrement sensibles au champ magnétique terrestre. Leur étude, publiée dans la revue Aging en septembre 2026, suggère que ce champ influence leur fonctionnement, notamment leur capacité à produire de l’énergie et leur durée de vie.

Expérience sur les drosophiles

Pour étudier l’impact du champ magnétique terrestre, les chercheurs ont utilisé des mouches drosophiles, un modèle classique en biologie en raison de leur courte durée de vie et de leur génétique bien connue. Ils ont séparé les insectes en deux groupes : l’un protégé du champ magnétique dans une cage blindée, l’autre exposé à ce champ. Les résultats ont montré que les mouches génétiquement modifiées pour développer une maladie proche de la maladie de Parkinson vivaient 20 % plus longtemps lorsqu’elles étaient protégées du champ magnétique. À l’inverse, les mouches saines en cage blindée mouraient plus rapidement que celles exposées au champ. Ces observations soulignent que l’effet du magnétisme dépend de l’état de santé de l’organisme.

Pistes pour la médecine

Les résultats de cette étude ouvrent des perspectives pour la recherche médicale, notamment dans la compréhension des maladies neurodégénératives comme Parkinson ou Alzheimer. Lisa Chakrabarti souligne que comprendre comment les cellules perçoivent et réagissent aux champs magnétiques pourrait permettre de développer de nouvelles stratégies pour moduler le fonctionnement des mitochondries. Cela pourrait, à terme, aider à ralentir le vieillissement ou à traiter certaines maladies liées à un dysfonctionnement mitochondrial. Cependant, les chercheurs restent prudents et insistent sur le fait que ces résultats sont préliminaires et nécessitent des études supplémentaires avant toute application concrète.

Ce que ça pourrait changer

Malgré l’enthousiasme suscité par ces découvertes, les scientifiques appellent à la prudence. Les médias comme *The Telegraph* ont évoqué des pistes thérapeutiques, mais Lisa Chakrabarti tempère ces spéculations en précisant que les effets observés dépendent de l’état de santé général des organismes. Elle rappelle que ces résultats ont été obtenus sur des mouches drosophiles et qu’il est trop tôt pour les transposer directement à l’humain. D’autres études seront nécessaires pour confirmer ces hypothèses et comprendre les mécanismes en jeu. La recherche sur ce sujet en est encore à ses débuts.

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