Deepfake : Hong Kong, capitale des arnaques à la romance et des faux amants
D’après une analyse des équipes de Surfshark, Hong Kong est devenue la fabrique principale d’arnaques sentimentales de nouvelle génération, utilisant les outils d’IA pour générer des photos et des vidéos plus vraies que nature, couplées à des voies trafiquées. L’objectif ? Soutirer de l’argent aux victimes en devenant leur amant..
Un deepfake est une technologie d’intelligence artificielle (IA) qui permet de créer des images, des vidéos ou des voix ultra-réalistes, imitant parfaitement une personne réelle. Ces outils peuvent être utilisés pour fabriquer des identités fictives, comme dans le cas des romance scams (arnaques à la romance), où des escrocs créent de fausses relations amoureuses en ligne pour soutirer de l’argent à leurs victimes. À l’échelle mondiale, les pertes financières liées aux deepfakes ont dépassé les 2 milliards de dollars depuis 2019, avec un pic en 2025 où 1,65 milliard de dollars ont été perdus. Ces fraudes reposent sur la manipulation émotionnelle et la confiance aveugle des victimes, souvent après des échanges prolongés sur des plateformes de rencontres ou des réseaux sociaux.
Hong Kong est devenue la capitale mondiale des romance scams utilisant des deepfakes, avec des pertes estimées à 104 millions de dollars en 2025. Ce phénomène s’explique par plusieurs facteurs : une population très connectée, une forte utilisation des cryptomonnaies, et une vie sociale et professionnelle intense qui isole les individus. La région est également transparente sur ses données, ce qui permet de mieux documenter ces fraudes. Les escrocs y recrutent localement des jeunes, leur promettant des revenus faciles, avant de les former à se faire passer pour des profils fictifs sur des sites de rencontres. Les victimes sont souvent ciblées via des plateformes étrangères pour des transferts de cryptomonnaies.
Les réseaux d’arnaqueurs à Hong Kong utilisent des deepfakes pour créer des profils fictifs très convaincants : photos, voix et même vidéos en temps réel, clonées à partir de vraies personnes. Une fois la confiance établie, les escrocs demandent de l’argent sous divers prétextes (urgences, investissements, voyages) ou incitent les victimes à transférer des cryptomonnaies. En 2024, un réseau de 27 personnes a été démantelé à Hong Kong, responsable de 46 millions de dollars de pertes. En janvier 2025, un autre réseau de 31 personnes a été arrêté, avec des méthodes similaires. Ces escroqueries s’inscrivent dans un mouvement plus large appelé «Sha Zhu Pán» (ou «pig butchering scam» en anglais), apparu en 2016 et popularisé pendant la pandémie de Covid-19.
Hong Kong présente un contexte démographique particulier qui favorise ces arnaques. Avec un taux de fécondité de 0,7 enfant par femme en 2026, l’un des plus bas au monde, la région compte une population vieillissante et des jeunes adultes soumis à une pression professionnelle intense. Cette situation limite les opportunités de rencontres et de projets de vie commune, rendant les victimes potentielles plus vulnérables aux romance scams. De plus, la population est très familiarisée avec les nouvelles technologies, notamment les cryptomonnaies, ce qui facilite les transferts d’argent frauduleux.
Si Hong Kong domine les romance scams par deepfake avec 104 millions de dollars de pertes, d’autres pays sont plus touchés par d’autres types de fraudes. Les États-Unis enregistrent les pertes globales les plus élevées (712 millions de dollars), principalement via des arnaques liées aux investissements. La Malaisie est championne pour les pertes liées aux fausses opportunités financières (500 millions de dollars), suivie par les États-Unis (223 millions) et l’Europe (122 millions au Royaume-Uni, 63 millions en Suède, 56 millions en Espagne). Ces fraudes reposent sur des profils fictifs se faisant passer pour des experts ou des influenceurs pour promettre des gains rapides.
Les autorités de Hong Kong mènent des opérations régulières pour démanteler ces réseaux. En 2024, 27 personnes ont été arrêtées, et en janvier 2025, 31 autres ont été interpellées. Le commissaire Fung Pui-kei a souligné que ces réseaux recrutent des jeunes locaux en leur promettant des revenus faciles, avant de les former à manipuler des victimes en ligne. Les escrocs utilisent des plateformes étrangères pour les transferts d’argent, ce qui complique leur traçage. La transparence des données à Hong Kong permet une meilleure détection et lutte contre ces fraudes, même si le phénomène reste difficile à éradiquer complètement.

