Droits de douane Trump : Nintendo ne veut rien rembourser aux joueurs
Les clients américains de Nintendo peuvent aller se brosser. Ils ne recevront pas un kopeck du remboursement des droits de douane que le constructeur japonais veut récupérer, après la défaite retentissante de Donald Trump devant la Cour suprême américaine.
En 2018, l'administration du président américain Donald Trump a instauré des droits de douane sur les importations en provenance de certains pays, notamment ceux où Nintendo fabrique ses produits. Ces taxes supplémentaires, allant jusqu'à 50 dollars sur certains accessoires ou consoles comme la Switch OLED, ont été répercutées sur les prix de vente aux États-Unis. Les droits de douane sont des taxes prélevées par un État sur les marchandises importées pour protéger les industries locales ou influencer les échanges commerciaux. Dans ce cas, ils ont directement impacté les coûts pour Nintendo, qui a choisi d'augmenter ses prix plutôt que de réduire ses marges.
Le 20 février 2024, la Cour suprême américaine, plus haute juridiction du pays, a jugé illégaux les droits de douane instaurés par Trump. Elle a estimé que le président avait dépassé les pouvoirs qui lui étaient accordés par le Congrès pour réglementer le commerce en cas d'urgence nationale. Cette décision ouvre la possibilité pour les entreprises ayant payé ces droits de douane de demander un remboursement au gouvernement américain. Un site officiel a même été créé en avril 2024 pour faciliter ces demandes. Cependant, Nintendo n'a pas attendu cette décision pour agir : dès mars 2024, la société a porté plainte contre le gouvernement pour récupérer les sommes versées.
En parallèle des actions de Nintendo, deux joueurs américains ont déposé une plainte collective contre le constructeur. Ils estiment que les clients ayant acheté des produits Nintendo à un prix majoré à cause des droits de douane devraient bénéficier d'une partie du remboursement obtenu par l'entreprise. Selon eux, Nintendo serait ainsi doublement compensé : une première fois via les hausses de prix imposées aux consommateurs, et une seconde fois via le remboursement des droits de douane par l'État. Cette plainte vise à transformer l'affaire en une action collective (ou class action), un recours juridique permettant à un groupe de personnes de se regrouper pour porter plainte ensemble.
Nintendo a demandé le rejet de la plainte des joueurs, arguant que les consommateurs ont reçu exactement ce pour quoi ils ont payé. L'entreprise souligne que les prix affichés incluaient déjà les coûts liés aux droits de douane, et que les clients étaient libres de refuser l'achat ou de se tourner vers des produits concurrents. Nintendo précise avoir augmenté ses prix de manière « modeste » et avoir absorbé une partie des coûts pour certains produits populaires, comme la Switch 2. La société insiste sur le fait qu'une transaction commerciale ne peut être remise en cause rétroactivement en raison d'un changement de contexte juridique. Le juge devra trancher sur la recevabilité de cette plainte.
Bien que Nintendo ait maintenu le prix de lancement de la *Switch 2* à 500 dollars (ou 500 euros) aux États-Unis depuis son lancement, cette situation ne durera pas. À partir du 1er septembre 2024, le prix de la console augmentera de 50 dollars aux États-Unis et de 30 euros en Europe. Cette hausse s'explique principalement par l'augmentation des coûts liés à la mémoire et au stockage, et non par les droits de douane de l'ère Trump. Cette décision illustre la stratégie commerciale de Nintendo, qui ajuste ses prix en fonction des coûts et de la demande, tout en cherchant à maximiser ses ventes pour soutenir l'écosystème de ses jeux.

