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Géopolitique

“Habibi City” : à New York, la vibrante scène culturelle des diasporas arabes et sud-asiatiques

Courrier International · mis à jour il y a 20 j

Le “New York Magazine” consacre sa une du 10 août à la vibrante scène culturelle des diasporas originaires d’une zone allant de l’Afrique du Nord jusqu’à l’Asie du Sud. New York est le théâtre d’une effervescence et d’une mue qui reflètent un besoin de communauté dans une période difficile.

New York rebaptisée

Le magazine New York Magazine a consacré sa une du 10 août 2026 à la scène culturelle des diasporas arabes et sud-asiatiques à New York, en la surnommant Habibi City. Ce terme, habibi, signifie mon amour en arabe et reflète l’affection et la solidarité entre ces communautés. L’article souligne que cette appellation humoristique illustre une effervescence culturelle et politique inédite dans une ville marquée par des tensions post-11 septembre 2001, notamment une hausse de l’islamophobie et de la xénophobie envers ces populations. Le maire de New York, Zohran Mamdani, incarne cette nouvelle dynamique : né en Ouganda et d’origine indienne, marié à une Syrienne, il représente une génération d’artistes, de chefs, d’humoristes et de designers issus de ces diasporas, ayant construit un capital culturel et politique significatif.

L’acronyme Swana

L’article utilise l’acronyme Swana (South West Asia and North Africa) pour désigner une zone géographique allant de l’Afrique du Nord à l’Asie du Sud-Ouest. Cet acronyme remplace progressivement l’ancien terme Wana (West Asia and North Africa) pour inclure explicitement l’Asie du Sud, reflétant ainsi une volonté d’unification des communautés. Cette évolution sémantique illustre une prise de conscience collective : ces diasporas, autrefois perçues comme cloisonnées (irakienne, yéménite, égyptienne, etc.), partagent désormais des valeurs communes et une histoire liée aux politiques étrangères américaines dans la région. Par exemple, le génocide à Gaza en 2023-2024 a poussé de nombreux jeunes à se rassembler dans des lieux comme des cafés, des bars ou des collectifs artistiques, transformant leur douleur en une force communautaire.

Une scène culturelle unie

La scène culturelle Swana à New York s’exprime à travers divers médias : humour, gastronomie, musique, séries télévisées et collectifs artistiques. Des lieux emblématiques comme le Barzakh Café accueillent des concerts, des levées de fonds et des clubs de lecture, tandis que des collectifs de DJ organisent des soirées. Cette dynamique a été renforcée par la création de séries comme Rami ou Mo, qui dépeignent l’expérience réelle des Arabes-Américains, sortant ces communautés de la dichotomie méchant-victime souvent imposée par Hollywood. Ces productions ont contribué à réduire la stigmatisation, notamment après les politiques discriminatoires de Donald Trump, comme l’interdiction d’entrée sur le territoire américain pour les ressortissants de certains pays de la région dès 2017.

Origines et histoire

L’article retrace également l’histoire des premiers restaurateurs arabes de New York, arrivés dès la fin du XIXe siècle en provenance du Liban, de la Syrie et de la Palestine. Ces pionniers ont posé les bases d’une présence culturelle durable. Aujourd’hui, la nouvelle génération de ces diasporas, représentée par des figures comme Zohran Mamdani, incarne une transformation politique et sociale. Leur capital culturel se manifeste à travers des initiatives variées, allant des ventes éphémères de vêtements aux collectes de fonds, en passant par des spectacles d’humour. Ces activités ne se limitent pas à New York : elles s’étendent à d’autres villes américaines et à des communautés d’Asie du Sud-Est, illustrant une solidarité transnationale.

Ce que ça pourrait changer

Le contexte politique joue un rôle central dans cette dynamique. Les diasporas *Swana* ont été particulièrement ciblées après les attentats du 11 septembre 2001, avec une montée de l’islamophobie et des politiques restrictives, comme le décret de 2017 interdisant l’entrée aux États-Unis pour les ressortissants de plusieurs pays de la région. Cependant, cette adversité a aussi favorisé l’émergence d’une communauté unie, capable de transformer des événements tragiques, comme le génocide à Gaza, en une force collective. L’article souligne que, malgré d’éventuels différends internes, l’acronyme *Swana* reste un outil pour unir des personnes dont les vies ont été marquées par les interventions américaines dans la région.

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