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Environnement

Un « super El Niño » dévastateur arrive : pourquoi l'Europe devrait être épargnée

Reporterre · mis à jour il y a 9 j

Le phénomène El Niño n'influe normalement pas sur la météo en Europe. Mais son intensité attendue cette année est telle que, conjuguée avec le changement climatique, des scientifiques craignent des conséquences inédites.

Qu'est-ce qu'El Niño

El Niño est un phénomène climatique naturel qui se produit dans l'océan Pacifique. Il se caractérise par un réchauffement anormal des eaux de surface dans la partie centrale et orientale de cet océan, près des côtes de l'Amérique du Sud. Ce phénomène survient en moyenne tous les deux à sept ans et dure généralement entre neuf et douze mois. El Niño perturbe les courants marins et atmosphériques à l'échelle mondiale, influençant les régimes de pluie et les températures dans de nombreuses régions. Par exemple, il peut provoquer des sécheresses en Australie et en Indonésie, tandis que des pluies diluviennes frappent habituellement l'Amérique du Sud. Ce phénomène est opposé à La Niña, qui correspond à un refroidissement anormal des eaux du Pacifique.

Un El Niño intense

Les scientifiques prévoient qu'un super El Niño pourrait se produire en 2023 ou 2024, avec des conséquences particulièrement graves. Un super El Niño désigne un épisode où le réchauffement des eaux du Pacifique dépasse de plus de 2°C la normale, contre environ 1°C pour un El Niño classique. Selon les modèles climatiques, ce phénomène pourrait atteindre une intensité comparable à celle des super El Niño de 1982-1983 et 1997-1998, qui avaient causé des dégâts estimés à plusieurs milliards de dollars. Les prévisions actuelles indiquent une probabilité de 70 à 90 % que ce phénomène se développe d'ici la fin de l'année 2023.

Risques climatiques globaux

Un super El Niño aurait des répercussions majeures sur le climat mondial. Il pourrait entraîner une augmentation des températures mondiales de 0,2 à 0,3°C pendant un an, ce qui aggraverait temporairement le réchauffement climatique actuel. Les régions les plus touchées seraient l'Amérique du Sud, où des inondations et des glissements de terrain pourraient survenir, ainsi que l'Asie du Sud-Est et l'Australie, où des sécheresses intenses sont probables. En Afrique et en Amérique centrale, des pluies exceptionnelles pourraient aussi provoquer des catastrophes. Ces perturbations pourraient affecter l'agriculture, la santé et les infrastructures dans ces zones.

L'Europe épargnée

Contrairement à d'autres régions du monde, l'Europe serait moins exposée aux effets directs d'un super El Niño. Les scientifiques expliquent que les perturbations climatiques liées à ce phénomène se concentrent principalement autour du Pacifique et de ses régions voisines. L'Europe, située plus à l'ouest et influencée par d'autres facteurs comme les courants-jets (des vents puissants en haute altitude) et les masses d'air atlantiques, serait moins affectée. Cependant, des effets indirects pourraient se faire sentir, comme une légère hausse des températures ou des variations dans les régimes de pluie, mais sans comparaison avec les bouleversements subis ailleurs.

Conséquences économiques

Les dégâts économiques d'un super El Niño pourraient être considérables, notamment dans les régions directement touchées. Par exemple, les inondations en Amérique du Sud pourraient détruire des cultures et endommager des infrastructures, entraînant des pertes estimées à des dizaines de milliards de dollars. Les sécheresses en Asie du Sud-Est pourraient réduire les récoltes de riz, une denrée essentielle, et faire flamber les prix alimentaires. Les assurances et les gouvernements devront probablement gérer des coûts élevés pour les secours et la reconstruction. Ces perturbations pourraient aussi fragiliser les économies locales, déjà vulnérables dans certaines zones.

Ce que ça pourrait changer

Face à l'arrivée potentielle d'un *super El Niño*, les scientifiques et les gouvernements appellent à une vigilance accrue. Les services météorologiques nationaux, comme Météo-France ou le *National Oceanic and Atmospheric Administration* (NOAA) aux États-Unis, surveillent en temps réel l'évolution des températures océaniques pour anticiper les risques. Les populations des régions vulnérables sont encouragées à se préparer, par exemple en stockant de l'eau ou en renforçant les infrastructures. En Europe, bien que le risque soit faible, les autorités restent attentives pour détecter d'éventuels effets indirects, comme des vagues de chaleur ou des épisodes de sécheresse prolongée.

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